Albert Dupontel : "Je suis un écrivain raté !"

Albert Dupontel dans Hep Taxi !
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Lorsqu'il ne fait pas l'acteur, Albert Dupontel occupe une place rare dans le cinéma français : celle d'un réalisateur et scénariste burlesque intrépide et un peu trash. Son premier film, Bernie, est désormais culte tandis que Le vilain et Enfermés dehors ont laissé eux aussi quelques traces zygomatiques durables. Le dernier en date, 9 mois ferme, n'est pas en reste. Cet hyperactif anxieux au grand cœur a grimpé joyeusement dans le taxi de Jérôme Colin pour faire une petite balade dans les embouteillages bruxellois.

Le client : Albert Dupontel

Son cinéma préféré, c'est celui des Monty Python, des frères Coen, du grand Bertrand Blier « celui des Valseuses et de Trop belle pour toi » précise-t-il, ainsi que du fantasque coréen Park Chan Wook. Albert Dupontel à une réelle culture cinématographique. Étudiant en médecine pendant quatre ans, il finit par fuir l'horreur des urgences où il fait un stage,  pour investir les salles de cinéma, parfois pendant des journées et des nuits entières. En 1985, il découvre Brazil de Terry Gilliam et c'est le déclic. Ses études finissent par passer à la trappe au grand dam de la famille. Albert s’initie alors au théâtre auprès de deux extrêmes : d'abord chez Antoine Vitez et puis chez Ariane Mnouchkine.

Sa vie commence enfin à prendre du sens. Il découvre aussi l'envie de fabriquer des images et du son, donc, des films. Patrick Sébastien lui donne une visibilité qu'il exploite tout de suite en mettant sur pied deux spectacles au début des années 90. Deux one-man-shows de sketches qui annoncent déjà son humour trash et dont la recette lui permet de monter son premier court-métrage, Désiré, une satire violente de la déshumanisation d'une médecine High Tech. Parallèlement, Albert Dupontel entame une carrière d'acteur de cinéma et tourne avec Audiard, Blier, Deville, Ribes, Rivette, Jeunet et bien entendu aussi avec le tandem Delépine-Kerven, etc.

Il a cette ambivalence entre tension et fragilité qui fait qu'il crève l'écran partout où il passe, que ce soit dans Petites misères du Belge Philippe Boon, dans Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief ou dans Deux jours à tuer de Jean Becker. Son talent est largement reconnu mais ce qui lui importe le plus, ce sont ses films à lui, Bernie, Le créateur, Le vilain, Enfermés dehors  et maintenant 9 mois ferme avec la prodigieuse Sandrine Kiberlain qui libère ici tout son potentiel comique. Dès ses débuts en tant que metteur en scène, il installe un style cartoonesque et burlesque qui lui permet « de mettre un nez rouge sur les travers de la société ». C'est dans le rôle de fabriquant de sons et d'images qu'Albert Dupontel se réalise pleinement. Et à chaque nouveau film, son ami Terry Gilliam applaudit des deux mains et loue l'inventivité et le sens du timing irréprochable de son jeune collègue.

Sophie Dasnoy

 

  • Le film : « 9 mois ferme » d'Albert Dupontel, 2013, Lumièr

 

 

Diffusion :

Ce Dimanche 20 octobre à 22h45 sur la Deux

Nouvelles diffusions :

  • Dimanche 20 octobre dans la boucle de nuit sur la Deux
  • Dimanche 27 octobre à 19h30 sur la Deux
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