La toxicomanie au cœur du documentaire "Petit Samedi" de Paloma Sermon-Dai

"Petit Samedi" - Damien et Ysma
2 images
"Petit Samedi" - Damien et Ysma - © Tous droits réservés

Avec son film "Petit samedi", Paloma Sermon-Dai nous raconte l’histoire très personnelle de son frère Damien, un homme de 43 ans qui essaie de sortir de l’enfer de l’addiction sous le regard bienveillant et attentif d’Ysma, leur mère protectrice. 

Damien Samedi a 43 ans. Quand il était enfant, dans son petit village wallon en bord de Meuse, on l'appelait le "Petit Samedi". Pour sa mère Ysma, Damien est toujours son gamin, celui qu'elle n'a jamais abandonné lorsqu'il est tombé dans la drogue. Un fils qui a, malgré tout, cherché à protéger sa mère. Un homme qui tente aujourd’hui de se libérer de ses addictions et qui fait face à son histoire pour s'en sortir. Porté par la relation qu’il entretient avec sa mère, ce doux rêveur part en quête du jeune homme laissé sur le bord de la route, au mauvais endroit, à la mauvaise époque. Cela donne un film très touchant et d’une grande humanité.

Un film présenté par Caroline Veyt dans Fenêtre sur Doc, à voir le lundi 17 août à 22H25 sur La Trois.

Rencontre avec la réalisatrice Paloma Sermon-Dai

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire un film sur l’histoire personnelle de votre frère et votre mère ?

C’est mon premier long métrage. C’était pour moi une étape importante dans mon travail de réalisatrice de commencer par quelque chose de personnel, d’aborder quelque chose qui vient de moi. Finalement, l’histoire de ma mère et mon frère, c’est aussi un peu la mienne. J’avais envie depuis longtemps de participer à ma manière à aider ma famille, d’apporter ma contribution via un moyen d’expression qui est le mien, d’où la création de ce film. C’était une façon d’affronter la maladie, d’ouvrir la parole avec mon mode d’expression, le cinéma.

Ils ont accepté tout de suite ou cela a été difficile de les convaincre ?

Au départ, le film était surtout centré sur mon frère. Et il n'a pas eu de doute sur sa réponse: cela a été un oui franc et immédiat. Il avait envie de partager son expérience et par là, éventuellement, d’aider d’autres personnes, dont des jeunes, qui peuvent vivre les mêmes difficultés.

Pour ma mère, cela a mis plus de temps. Ce qui a été le plus difficile pour elle, pour une femme de son âge, c’est de se retrouver face à son image. Sa réserve de départ était surtout liée à une question de pudeur. Mais après réflexion, elle y a vu aussi le moyen de dire à d’autres familles "vous n’êtes pas seules et il faut en parler". Après, la difficulté, pour tous les deux, était d’assumer le film à sa sortie et le regard des autres, surtout dans le village. Mais globalement, l’accueil est bon et le regard bienveillant.

Ce film est une façon d’ouvrir le débat et de casser un tabou autour de la toxicomanie.

Le film a-t-il eu aussi une vertu thérapeutique ?

Oui c’est une vraie façon de dédramatiser, de se dire "oui c’est un problème" mais commencer à en parler, c’est déjà une étape dans la solution au problème. Pour Damien, ça lui a ouvert une porte vers la thérapie, il en avait peur et faire ce film l’a vraiment aidé à prendre les choses avec plus de légèreté. Et puis en parler de cette façon, à travers la relation, on n’est pas dans une approche très médicale, on est dans quelque chose de doux, qui permet un regard bienveillant.

Au-delà de cette histoire très personnelle, faire ce film pour vous est aussi une manière de sensibiliser le public sur le problème de l’addiction ?

Oui, bien sûr. Pour moi, c’était une façon d’ouvrir le débat, de casser un tabou; une manière pour que les gens se rendent compte que les toxicomanes sont très stigmatisés dans nos sociétés, que peu de choses sont mises en place pour les aider. Avec ce film, je voulais ouvrir une petite porte là-dessus et à travers mon travail, faire quelque chose pour aider mon frère.

Comment va votre frère aujourd’hui depuis le film ?

Il va bien, même si cela reste un parcours du combattant. Il n’y a pas de solution miracle, c’est un parcours de longue haleine. Mais depuis le film, il y a une nouvelle approche en ce qui concerne la thérapie et oui, il va plutôt bien.

" Petit samedi " : un film de Paloma Sermon-Dai produit par Michigan films asbl en coproduction avec la RTBF à voir sur La Trois le 17/08 à 22H25 et à revoir sur Auvio.

Suivi à 23H40 de : From toilets to stages de Vincent Philippart et Dominique Henry

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK