« Petit samedi » : ou le combat d’une famille contre la toxicomanie

 " Petit samedi " : ou le combat d’une famille contre la toxicomanie

Bayard d’or au FIFF l’an dernier, ce très beau film de Paloma Sermon-Dai nous raconte l’histoire très personnelle de son frère Damien, 43 ans, qui essaie de sortir de l’enfer de l’addiction sous le regard bienveillant et attentif d’Ysma, leur mère protectrice. 

" Petit samedi " : un film à voir ce samedi 02 octobre à 23h45 sur La Trois dans Fenêtre sur doc et à revoir sur Auvio

La loi belge relative à l’usage de drogues a déjà 100 ans. Ce qui fait dire à de nombreuses associations qu’elle n’est plus adaptée à la société actuelle et qu’il faudrait même décriminaliser l'usage de la drogue. Le débat est lancé.

Toujours est-il qu’à 43 ans, Damien, le personnage principal de ce documentaire réalisé par sa sœur, se bat aujourd’hui pour se libérer de ses addictions et pour s’en sortir. Pour sa mère Ysma, Damien est toujours son gamin, celui qu'elle n'a jamais abandonné lorsqu'il est tombé dans la drogue. Un fils qui a, malgré tout, cherché à protéger sa mère. C’est tout cela que Paloma Sermon-Daï a filmé avec beaucoup de finesse et d’humanité. Elle nous explique comment est née l’idée de ce film.

Rencontre avec la réalisatrice Paloma Sermon-Dai

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Paloma Sermon-Daï © Tous droits réservés

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire un film sur l’histoire personnelle de votre frère et votre mère ?

C’est mon premier long métrage. C’était pour moi une étape importante dans mon travail de réalisatrice de commencer par quelque chose de personnel, d’aborder quelque chose qui vient de soi. Finalement l’histoire de ma mère et mon frère c’est aussi un peu la mienne. J’avais envie depuis longtemps de participer à ma manière à aider ma famille, d’apporter ma contribution via un moyen d’expression qui est le mien d’où la création de ce film. C’était une façon d’affronter la maladie, d’ouvrir la parole avec mon mode d’expression, le cinéma.

Ils ont accepté tout de suite ou cela a été difficile de les convaincre ?

Au départ le film était surtout centré sur mon frère. Et sa réponse n’a pas fait de doute, cela a été un oui franc et immédiat. Il avait envie de partager son expérience et par là éventuellement d’aider d’autres personnes, dont des jeunes, qui peuvent vivre les mêmes difficultés. Pour ma mère, cela a mis plus de temps. Ce qui a été le plus difficile pour elle, pour une femme de son âge, c’est de se retrouver face à son image. Sa réserve de départ était plus liée à une question de pudeur. Mais après réflexion, elle y a vu aussi le moyen de dire à d’autres familles " vous n’êtes pas seuls et il faut en parler ". Après, la difficulté pour tous les deux, était d’assumer le film à sa sortie et le regard des autres, surtout dans le village. Mais globalement l’accueil est bon et le regard bienveillant.

Ce film est une façon d’ouvrir le débat et casser un tabou autour de la toxicomanie

Le film a-t-il eu aussi une vertu thérapeutique ?

Oui c’est une vraie façon de dédramatiser ; de se dire oui c’est un problème mais commencer à en parler, c’est déjà une étape dans la solution au problème.  Pour Damien, ça lui a ouvert une porte vers la thérapie, il en avait peur et faire ce film l’a vraiment aidé à prendre les choses avec plus de légèreté. Et puis en parler de cette façon, à travers la relation, on n’est pas dans une approche très médicale, on est dans quelque chose de doux, qui permet un regard bienveillant.

Au-delà de cette histoire très personnelle, faire ce film pour vous est aussi une manière de sensibiliser le public sur le problème de l’addiction ?

Oui bien sûr, pour moi c’était une façon d’ouvrir le débat, de casser un tabou. Une manière pour que les gens se rendent compte que les toxicomanes sont très stigmatisés dans nos sociétés, peu de choses sont mises en place pour les aider. Avec ce film, je voulais ouvrir une petite porte là-dessus et à travers mon travail, de faire quelque chose pour aider mon frère.

Comment va votre frère aujourd’hui depuis le film ?

Il va bien même si cela reste un parcours du combattant. Il n’y a pas de solution miracle, c’est un parcours de longue haleine. Mais depuis le film, il y a une nouvelle approche en ce qui concerne la thérapie et oui il va plutôt bien.

 

Un film de par Michigan films asbl en coproduction avec la RTBF

 

 

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