Nouvelle Orléans, laboratoire de l'Amérique : un documentaire sur les inégalités aux Etats-Unis

Diffusé à l’occasion de l’investiture du nouveau président américain, ce documentaire nous emmène à la Nouvelle-Orléans. Il dépeint le portrait d’une ville en reconstruction, plus de 10 ans après les ravages de l’ouragan meurtrier Katrina. Mais cette renaissance n’a fait qu’intensifier les inégalités. A l’image des fractures sociales creusées dans le pays tout entier.

Nouvelle Orléans, laboratoire de l'Amérique ", un documentaire d’Alexandra Kandy-Longuet, à voir dans Fenêtre sur Doc le samedi 23 janvier à 23h15 sur La Trois et à revoir sur Auvio.

Tout au long de ce film beau et fort à la fois, la musique, occupe une place de choix. Normal pour un film consacré à une ville considérée comme le berceau du jazz. Le mélange des influences de la musique africaine, du blues et du gospel a donné le jour au jazz, genre inséparable de la Nouvelle-Orléans. Première ville de la Louisiane, la population de la Nouvelle-Orléans, est majoritairement afro-américaine dans un état à 90% blanc.

Le 29 août 2005, Katrina, l'ouragan le plus meurtrier de l'histoire des Etats-Unis, ravage la Nouvelle-Orléans. La ville est réduite à néant et vidée de l’intégralité de ses habitants. Cette catastrophe naturelle offrait l’opportunité d’une renaissance sur des bases plus justes. Mais comme on le voit dans le film, dans les faits, d’autres logiques ont été mises en place, favorisant la privatisation au détriment des catégories de population les moins favorisées. Près de 100.000 habitants de la ville n’ont jamais pu retrouver leur vie d’avant Katrina.

En allant à la rencontre d’habitants qui se battent pour leurs droits, la réalisatrice démontre comment le secteur privé a véritablement pris la main sur la reconstruction de la ville. Malgré les années Obama et l’espoir qu’il pouvait susciter, le désastre de Katrina et les politiques de reconstruction, n’ont fait qu’intensifier les inégalités économiques, sociales et raciales préexistantes. Une privatisation faite au détriment des catégories de population les moins favorisées.

C’est ce qu’expliquait la réalisatrice Alexandra Kandy-Longuet au micro de Jérôme Colin, en novembre dernier sur les antennes de la Première dans l’émission " Entrez sans frapper ".

Le logement social a été cédé aux promoteurs immobiliers. Et à peine 10% des gens qui vivaient dans ces logements sociaux avant Katrina, ont pu retourner dans leur quartier. On a privatisé les logements mais aussi les écoles publiques laissées aux mains de sociétés privées, un système qui a tendance à privilégier les bons élèves. Même les prisons ont été confiées au secteur privé, avec une logique de rentabilité et de profit qui fait de la Nouvelle-Orléans, une des villes avec un taux d’incarcération le plus élevé au monde.

Réduire les inégalités, sera sans conteste un des enjeux majeurs du nouveau président américain et de son administration. 

Tout au long du film, la réalisatrice donne la parole à celles et ceux qui dénoncent les dérives d’un système qui creuse chaque jour un peu plus les inégalités. A celles et ceux qui descendent dans la rue pour faire entendre leur voix, souvent en musique. " La musique, on continuera à en jouer parce qu’on aime ça et que c’est tout ce qui nous reste ". Mais là aussi, certains s’inquiètent : combien de temps tous ces artistes vont-ils survivre ?

Mais au-delà de la Nouvelle-Orléans elle-même, ce film primé aux Etoiles de la SCAM en 2017 dévoile les fractures sociales d’un pays tout entier, où les écarts n’ont de cesse de se creuser. 

Produit par Eklektik Productions et Crescendo Media Films en coproduction avec la RTBF

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