"Ma voix t’accompagnera" : un documentaire envoûtant à la découverte de l’hypnose chirurgicale

Réalisé par Bruno Tracq, ce film nous emmène à la rencontre de Fabienne Roelants et Christine Watremez, deux médecins anesthésistes aux Cliniques Universitaires St Luc à Bruxelles. Elles sont parmi les spécialistes les plus renommées de l'hypnose chirurgicale. Leurs voix guident les pensées des patients tout au long de l’opération. Elles invitent ainsi l'imaginaire à entrer au coeur des blocs opératoires. 

Un documentaire à découvrir dans Fenêtre sur Doc le samedi 28 novembre à 23h15 sur La Trois et à revoir sur Auvio

C’est aussi un podcast à suivre sur Auvio

Le réalisateur Bruno Tracq a suivi pendant plus de deux ans ces deux femmes médecins anesthésistes, spécialistes de l’hypnose chirurgicale. En suivant leur travail au quotidien, le film dévoile une pratique fascinante qui accompagne des gestes médicaux, les césariennes, ou les opérations chirurgicales. Il fait apparaître le contraste entre une médecine occidentale, basée sur une extrême technicité, et une pratique presque spirituelle, basée sur le lien humain. Alors que la médecine hospitalière est soumise à des cadences infernales et en pleine crise du Covid-19, ce film rend un bel hommage aux vertus presque magiques de ces deux héroïnes du quotidien.

Un film produit par produit par Wrong Men et Supermouche Productions en coproduction avec la RTBF et ARTE G.E.I.E.

Rencontre avec le réalisateur Bruno Tracq

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Bruno Tracq © Tous droits réservés

Votre film parle d’une technique, celle de l’hypnose. Mais il parle aussi de ces deux femmes médecins et de médecine ? Qu’aviez-vous envie de raconter avant tout ?

Ce que je voulais raconter avant tout avec ce film, c’est comment ces deux femmes médecins ont pris l’hypnose comme une occasion de remodeler leurs rapports à leurs patients, à leurs collègues, à leur métier, à l’hôpital et peut-être aussi à elles-mêmes. A travers leur portrait, j’ai simplement voulu partager un peu de leur créativité, de leur intelligence et de leur bienveillance. Ces deux femmes tissent un lien aux patient·e·s en leur donnant une place active dans leurs soins, de la dignité et paradoxalement une forme de beauté qui aide à traverser ces moments si particuliers de la vie.

A travers leur portrait, j’ai simplement voulu partager un peu de leur créativité, de leur intelligence et de leur bienveillance

Il y a quelque chose de très doux et apaisant dans votre film. C’est l’atmosphère qu’il y avait aussi dans les salles d’opérations ?

C’est étonnant car l’usage de l’hypnose crée une ambiance effectivement très étrange dans les salles d’opérations : il y règne un calme, une sorte de sérénité qui se mélange à la concentration et aux gestes techniques. Tout le monde chuchote, communique avec des gestes et des regards pour aider le processus hypnotique, et cela crée une sorte de chorégraphie assez douce. C’est une équipe qui s’active autrement, en prenant en compte que le corps qui est allongé est aussi une personne qui participe au soin, à sa manière.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en assistant à toutes ces opérations avec elles ?

Le but de l’hypnose pendant les opérations est simple : il s’agit d’emmener la personne dans un ailleurs, un autre lieu qu’elle aime particulièrement. Peut-être aussi un autre temps. Et à ce moment-là, pour cette personne, la réalité qui prime est celle de cet ailleurs. C’est comme si notre esprit avait la capacité à créer des réalités très différentes, ici qui nous servent à passer un moment agréable alors que des chirurgiens opèrent. Cette puissance-là, réveillée par Fabienne et Christine, est toujours très impressionnante à voir. Car on voit les gens s’en aller. On les voit, à un moment, lâcher cette réalité de l’hôpital pour commencer leur voyage.

J'ai vu et filmé des personnes magnifiques qui prennent soin des gens dans leur entièreté mais qui travaillent dans des conditions incroyablement dures

Vous avez tourné votre film avant la crise du Covid-19. Il résonne encore plus fort aujourd’hui. Comment voyez-vous cela ?

Je pense que ce que nous raconte l’hypnose, et j’espère mon film également, c’est que nous avons des ressources en nous, puissantes et souvent ignorées. Apprendre à les découvrir et à les utiliser, alors qu’on traverse collectivement des tempêtes, est un message particulièrement important pour cette période et les temps à venir. Je pense aussi que de voir, concrètement, comment ces deux personnes soignent, comment elles prennent soin des gens dans leur entièreté et dans leur complexité, c’est toujours une émotion intense : c’est tout simplement beau. En filmant ce documentaire, j’ai pu voir que cette beauté-là est inventée par des gens magnifiques, mais qui travaillent dans des conditions incroyablement dures. Ces conditions sont les conséquences de choix politiques et de choix de société, et cette crise est un rappel de cette évidence. C’est une chance de s’en rappeler aujourd’hui, pour comprendre que rien n’est inéluctable et que nous pouvons faire ensemble de meilleurs choix pour l’avenir.

Le podcast

Dans le prolongement du documentaire, ce podcast du même nom offre une plongée explicative dans le monde de l’hypnose qui soigne. En 6 X 20 minutes, il contextualise l’hypnose, son origine et sa pratique dans l’histoire scientifique, et explore de façon concrète ses applications dans différents domaines.  Par la voix d’une dizaine de témoins, patien·tes ou praticien·nes de l’hypnose médicale et thérapeutique, ce podcast nous amène au plus près de cette pratique “entre magie et science”. Dès le 25 novembre sur Auvio, sur la page podcast de la Première et toutes les applications de podcast.

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