« Dans la maison » : une réalisatrice part à la rencontre de sa mère et de son histoire

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Karima Saïdi et sa mère Aïcha - Extrait de "Dans la maison" © Dérives

Prix du Jury de la compétition belge au Festival Millenium, ce très beau film de Karima Saïdi est un voyage introspectif entre Bruxelles et Tanger. La cinéaste nous plonge dans son histoire familiale en accompagnant la fin de vie de sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. À travers ce parcours singulier, ce film qui nous parle de mémoire, raconte aussi un pan de l'histoire de l'immigration marocaine en Belgique.

Dans la maison : un film de Karima Saïdi à ne pas manquer le lundi 19 juillet à 22h25 dans Fenêtre sur doc été sur La Trois et à revoir sur Auvio

Il y a un moment où une fille veut comprendre la vie de sa mère dit Karima Saïdi. Après des années de séparation, la cinéaste retrouve sa mère, Aïcha, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Son film se déroule comme le journal intime d’une rencontre entre une mère et sa fille, en images et en sons. Jour après jour, visite après visite, Karima Saïdi enregistre ses conversations avec sa mère.

Je veux enregistrer ta voix pour que tu sois toujours avec moi 

Elle l’interroge sur son histoire. Elle explore l’histoire familiale à travers la mémoire embrumée de sa mère. Leurs conversations s’entremêlent aux archives et photos familiales précieusement conservées, ainsi qu’aux images des rues de Tanger, ville de naissance d’Aïcha avant qu’elle ne quitte son pays natal en 1967 pour s’installer à Bruxelles.  Peu à peu, la réalisatrice, héritière de ce passé, tisse le fil de l’histoire de sa mère. Un mariage à l’âge de 14 ans à Tanger. La naissance des enfants. Le mari défaillant et absent. La séparation. Le départ pour la Belgique. Le film raconte l’histoire d’une femme forte, entre respect de la tradition et libéralisme fragile, qui a élevé seule ses 4 enfants. Il dévoile une existence faite de mariages, de séparations et de deuils dont il est si difficile de parler. " Est-ce Dieu qui t’a punie de vivre en femme libre " ? De Bruxelles à Tanger, se dessine tout ce qui a rythmé l’odyssée d’une famille marquée par l’exil.

Mon film est un film sur mon histoire familiale. Mais, inévitablement, c’est aussi un film sur l’immigration marocaine, sur l’expérience de l’exil, sur la vie d’une femme qui va vivre sans homme et qui sera donc, de ce fait, une femme exposée dans sa culture d’origine explique Karima Saïdi.

Un jour tu as laissé tomber tes barrières intérieures " dit la cinéaste à sa mère, " alors j’ai décidé avec assurance de t’accompagner ". Cela donne un film magnifique, à la fois intime et universel, qui nous ramène à ce que nous sommes, héritier de notre histoire, de nos racines. Un film beau et bouleversant, brut et sans tabou. Un film sur le poids de l’héritage, sur la mémoire et sur l’oubli, sur l’exil et sur la transmission. Un film d’amour d’une fille à sa mère.

Production : Dérives et Haut les mains Productions & Waq Waq Studio en coproduction avec la RTBF / Wallonie Image Production et TV2M Maroc

 

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