Quand poison rime avec espion !

Le "parapluie bulgare", une arme ingénieuse et discrète !
4 images
Le "parapluie bulgare", une arme ingénieuse et discrète ! - © Tous droits réservés

L’histoire est bien réelle et digne des meilleurs films d’espionnage ! Un jour de septembre 1978, se dessine l’une des opérations les plus ingénieuses et les plus discrètes de toute la guerre froide… Elle sera baptisée l’affaire du « parapluie bulgare ».

Nous sommes en septembre 1978, la guerre froide plonge toujours le monde en deux grands blocs rivaux. Georgi Markov, écrivain et journaliste bulgare, est un opposant déclaré au régime communiste de son pays. Réfugié à Londres, l’homme travaille à la BBC où il anime une émission radiophonique qui déplaît fortement au gouvernement de Sofia. Bousculé alors qu’il attend le bus sur le pont de Waterloo, il est piqué à la jambe par la pointe d’un parapluie… Le propriétaire de l’objet, au fort accent étranger, s’excuse, hèle un taxi et disparaît aussitôt. Quelques heures plus tard, il est pris d’atroces douleurs, d’une forte fièvre et tombe dans le coma. Il décède quelques jours plus tard…

Comment sait-on ce qui est arrivé à Georgi Markov ?

Mis sur le coup de cette mort mystérieuse, les policiers de Scotland Yard auraient sans doute clos l’enquête si, Outre-manche, il n’y avait Vladimir Kostov. En effet, une quinzaine de jours plus tôt, à la sortie du métro parisien, cet autre journaliste et dissident bulgare, ressent une bien étrange douleur dans le dos. Arrivé aux urgences, le jeune interne qui l'examine, conclut à une piqûre de guêpe. Cet ancien agent double n’y croit pas. Lorsqu’il apprend la mort de son compatriote, il décide de dévoiler sa propre mésaventure. Les limiers britanniques débarquent manu militari à Paris, interrogent Vladimir Kostov et lui prélèvent, entre les deux omoplates, un carré de chair… Une sphère microscopique y est logée… La découverte est capitale ! Le corps de Georgi Markov est exhumé et on découvre la même minuscule bille, avec des traces de ricine… un poison extrêmement violent et mortel !

35 ans plus tard, la justice bulgare clos l'affaire !

Pour Scoltland Yard, le crime est signé. L’élimination de Georgi Markov est l’œuvre des services secrets bulgares, soutenus par le KGB soviétique. 

En 1993, le principal suspect du meurtre est interpellé et brièvement entendu à Copenhague par les enquêteurs. Francesco Gullino nie toute implication dans cette affaire et disparaît de la circulation. Au début des années 2010, ce danois d’origine italienne est retrouvé en Autriche par Klaus Dexel, un réalisateur allemand pour son film documentaire. Alors interviewé, " l’Agent Piccadilly " réfute toujours être l’auteur du meurtre mais ne dément pas avoir été un agent secret des services de la Bulgarie communiste !

Les services de police de Sa Majesté n’ont jamais pu prouver la moindre responsabilité…  Enquête sabotée, preuves détruites, etc.

Et, sans éléments neufs, le parquet de Sofia a classé définitivement l’affaire en 2013.

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK