Quand l'ADN déboussole les enquêteurs !

Michele Kiesewette, la jeune policière tuée.
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Michele Kiesewette, la jeune policière tuée. - © Tous droits réservés

La signature ADN de la tueuse en série baptisée « fantôme d’Heilbronn » a tenu en haleine et dérouté les polices d’Europe pendant 16 ans. De longues années faites de milliers d’heures de travail supplémentaires et presqu’autant de pistes empruntées. Une traque à la mesure des moyens humains et matériels déployés… Tout cela en pure perte ! Plongée au cœur d’une affaire à peine croyable.

25 avril 2007, sur le parking d’un supermarché de la ville allemande d’Heilbronn, deux jeunes policiers sont retrouvés effondrés sur leur siège, une balle en pleine tête. La rapidité de l’attaque ne leur a pas laissé la moindre chance de réagir. Michele Kiesewette, 22 ans, est morte sur le coup. Miraculé, son collègue Martin sortira du coma après 3 semaines mais ne gardera aucun souvenir des événements.

Les traces ADN retrouvées dans la voiture de patrouille sont bien connues des services de police. Ce sont celles d’une femme sans visage dont l’empreinte génétique a été retrouvée, à l’époque, sur pas moins de 30 scènes de crime différentes dont des meurtres, des cambriolages et autres délits mineurs. Cette mystérieuse inconnue qui nargue les policiers depuis 1993 est alors nommée par les médias allemands : le " fantôme d’Heilbronn".

PREMIERES MANIFESTATIONS DU FANTOME

Le 26 mai 1993, Liselotte Schlenger, une retraitée de 62 ans est retrouvée étranglée chez elle avec un fil de fer. Les économies de la vieille dame, retirées la veille à la banque, ont disparu. Lors de l’examen des lieux, les hommes de la police criminelle allemande découvrent les traces d’un ADN inconnu sur une tasse de café. Après analyse, force est de constater qu’il appartient à une femme.

Huit ans plus tard, le 26 mars 2001, un brocanteur de Fribourg âgé de 61 ans est découvert mort par strangulation, le crâne défoncé avec une rare violence. Son domicile est truffé de traces. Sur un tiroir de meuble de cuisine, les enquêteurs prélèvent la même empreinte génétique que celle retrouvée dans la maison de Lisolette Schlenger à plus de 300 kms de là !

Cette même année, toujours en Allemagne, au cours d’une promenade en forêt, un enfant se blesse avec une seringue usagée contenant de l’héroïne. Là encore, c’est l’ADN de notre obscure tueuse qui est identifié.

Sa signature est régulièrement retrouvée, même dans l’Hexagone. En 2004, dans le Jura, un marchand ambulant et son épouse sont agressés et séquestrés avant d’être dépouillés de leurs biens. Interpellés, quatre suspects, tous de sexe masculin, sont confondus et l’enquête réglée. Fait étrange dans cette affaire, l’une des pièces à conviction, un pistolet factice, porte l’empreinte génétique de l'inconnue.

DE LA PERPLEXITE DES ENQUETEURS AU DENOUEMENT INATTENDU !

Les crimes imputés à ce " fantôme " sont impossible à résumer tout autant que les pistes envisagées. Les spécialistes y verront tantôt une tueuse en série junkie tantôt un individu transsexuel. Il est vrai qu’à la suite d’un témoignage, un portrait-robot sera dressé. Des plus perturbant pour les enquêteurs car il s’agira d’un homme !

Au final, peu ou pas de point commun entre les meurtres, les séquestrations, les vols et autres exactions, si ce n’est l’empreinte génétique incriminant une seule et même femme, jamais identifiée.

Un nombre et une diversité de crimes qui conduiront à de réelles suspicions.

En mars 2009, la vérité éclate enfin. Du matériel génétique humain a littéralement pollué les bâtonnets de prélèvement destinés à la police scientifique. Vendus à travers toute l’Europe, ils proviennent tous de la même usine. En outre, par souci d’économie, ce lot d’écouvillons contaminés sera encore utilisé, une fois périmé.

Dans la foulée de la presse allemande, le Parquet d’Heilbronn confirmera qu’en lieu et place d’une tueuse en série, il n’y avait qu’une bien innocente employée chargée de conditionner les cotons tiges !

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