Protection de la jeunesse : l'équation à mille inconnues

"Protège-moi si tu peux", dans Devoir d’enquête ce mercredi 4 décembre
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"Protège-moi si tu peux", dans Devoir d’enquête ce mercredi 4 décembre - © Tous droits réservés

Un kilomètre de haut ! Empilés les uns sur les autres, les classeurs des enfants et des jeunes qui ont un dossier ouvert en Fédération Wallonie-Bruxelles formeraient une tour d’un kilomètre de haut. Pensez : il y en a 23.000…

23.000 vies singulières et compliquées que gardent à l’œil ceux qui, délégués, éducateurs, juges de la jeunesse, psychologues, assistants sociaux, travaillent à la protection de la jeunesse.

Pour la plupart ce sont en effet des enfants (parfois en bas âge) ou des adolescent(e)s qu’on entend protéger.

Soit parce que leur cadre familial brinquebale, et qu’ils y sont en danger : pour leur santé ou pour leur équilibre ; pour leur sécurité ou leur scolarité.

Soit parce que eux-mêmes ébranlent le cercle familial et SE mettent en danger… Comme ceux-là par exemple, que les éducateurs ou juges de la jeunesse croisent de plus en plus souvent, qui se sont petit à petit enfermés dans le monde virtuel proposé par leur écran, qui ne quittent plus leur chambre, ne se lavent plus, mangent à peine, n’émergent que pour tout casser parce que dans une ultime tentative pour les ramener à la vie réelle, et accessoirement à l’école, leur maman a osé couper la connexion wifi de la maison familiale…

Ceux-là, menaçants ou violents, passent alors parfois d’un classeur à un autre, du Service d’aide à la jeunesse (Saj) au juge de la jeunesse, et rejoignent un des 1.500 dossiers (parmi la pile des 23.000) de jeunes délinquants. Délinquants, bien sûr, nous disait une juge de la jeunesse, mais toujours à protéger malgré tout.

Et voilà l’équation posée : des enfants, des jeunes, des ados ; des filles, des garçons ; des fragiles, des révoltés, des fermés ; des victimes, des chenapans, des mauvais ; des gentils, des mordants, des blessés. Des attendrissants, des dangereux. Tous, des milliers, à protéger, à surveiller, à encadrer. Les adultes qui y travaillent, avec les trop faibles moyens qu’on leur octroie, nous ont paru faire pour un mieux. Convaincus, volontaires mais lucides : quand une équation est à mille inconnues, on a toujours peur de se tromper…

En suivant dans son travail une juge de la jeunesse, en donnant la parole à un adolescent dont toute la vie jusqu’ici a été placée sous le signe de la protection de la jeunesse, "Protège-moi si tu peux",  le reportage de Devoir d’enquête qui sera diffusé en deuxième partie d’émission ce mercredi 4 décembre en fait l’implacable constat : protéger est toujours à haut risque !

Devoir d'enquête, mercredi 4 décembre dès 20h20 sur La Une 

"Protège-moi si tu peux" , une enquête  d'Alain Vaessen et Jean-Michel Dehon

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