Le DVI n'a pas droit à l'erreur !

La devise du DVI : « protéger les vivants en respectant les morts »
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La devise du DVI : « protéger les vivants en respectant les morts » - © Tous droits réservés

Le Disaster Victim Identification Team (DVI) a eu la lourde tâche de procéder à l’identification des 32 victimes et des 3 auteurs des attentats perpétrés à Bruxelles le 22 mars 2016. Mission pénible mais essentielle !

Le Service d’identification des victimes existe depuis 30 ans. Fraîchement né, il affirme déjà toute son utilité lorsque chavire le ferry britannique Herald of Free Enterprise au large de Zeebrugge. Ce terrible naufrage coûtera la vie à près de 200 personnes. Depuis, le DVI est régulièrement mobilisé lors de catastrophes aussi bien en Belgique qu’à l’étranger.

Ondes de choc...

Le 22 mars 2016 marque un véritable tournant dans l’histoire du DVI. En effet, comme le précise le responsable de ce service, le commissaire Christian Decobecq, nous ne sommes plus dans un contexte de victimes mortes accidentellement. Il s’agit là " d’un acte sauvage, criminel. C’est vraiment une intention ! ".

Conscients que pour les familles et les proches des victimes, chaque minute est une éternité, Christian Decobecq et son équipe s’attachent à ne pas perdre de temps tout en respectant une procédure d’identification méthodique et scientifique, fondée sur des standards internationaux. Le DVI n’a pas droit à l’erreur !

Méthodes d'identification

L’identification des personnes décédées se base toujours sur la comparaison des données " ante " et " post-mortem ".

Le travail de l’équipe " ante-mortem " consiste à recueillir un maximum d’informations sur les victimes de leur vivant. Un membre du DVI, accompagné d’un psychologue de la Croix Rouge rencontre les familles. Cet entretien permet d’obtenir une description de la personne susceptible de l’identifier grâce aux vêtements ou bijoux qu’elle portait. En outre, les signes distinctifs tels que tatouages, cicatrices, prothèses ou autres particularités physiques sont d’une importance capitale. Sans oublier les coordonnées des médecins et dentistes traitants afin d’obtenir leur dossier médical.

L’équipe post-mortem est, quant à elle, chargée de récolter directement sur les lieux de la catastrophe les corps ainsi que tous les indices matériels présents sur et à proximité des victimes comme des bijoux, des sacs, des papiers d’identité et autres effets personnels. Tout est répertorié, numéroté.

Ensuite, les membres du DVI procèdent aux différents examens d’identification. Assistés par des experts (médecins légistes, anthropologues, odontologues, généticiens…), ils relèvent les empreintes digitales, examinent les dents, recherchent les éventuelles traces d’opérations chirurgicales, photographient, radiographient, réalisent des analyses ADN… Afin de rédiger un dossier le plus complet possible.

Enfin, les données ante et post mortem sont encodées et comparées grâce à un logiciel danois. Une " cellule de réconciliation " examine la synthèse comparative et n’identifie formellement la personne décédée qu’en cas de certitude absolue.

Une dernière étape donne toute sa raison d’être au DVI. Probablement la plus douloureuse. L’équipe ante-mortem qui s’est entretenue avec les familles, qui les accompagne tout au long du processus d’identification se charge aussi d’annoncer le décès. Touchés par leur détresse et leur désarroi, les membres du DVI sont soulagés de savoir que ces familles peuvent entamer leur travail de deuil.

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