LA GUILLOTINE, un mode d'exécution qui se vantait d'être égalitaire !

Dans un souci d'équité, d'humanisme et de modernité... La guillotine est née !
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Dans un souci d'équité, d'humanisme et de modernité... La guillotine est née ! - © Tous droits réservés

« TOUT CONDAMNE A MORT AURA LA TETE TRANCHEE » Issue de la Révolution française, cette loi du 6 octobre 1791 entend bien égaliser les châtiments et mettre en place une peine de mort dont la rapidité d’exécution se veut plus « humaine » !

Plus d’hérétiques sur le bûcher, de nobles décapités à la hache ou à l’épée, de faux monnayeurs cuisant dans un chaudron, de criminels d’Etat écartelés ou de voleurs pendus… En effet, à la pléthore des supplices liés au statut du condamné comme à la nature du crime, succède un seul mode d’exécution : la guillotine !

Le souhait de Joseph Guillotin est alors exaucé ! Ce médecin inspiré par les idées des Lumières, député de Paris en 1789, plaide alors pour une réforme du code pénal avec la révision des exécutions capitales. Sa proposition, d’une machine trancheuse de têtes moderne sera reprise et concrétisée par Antoine Louis, un confrère chirurgien et, même perfectionnée par celui-ci, avec l’utilisation d’une lame oblique… pour une coupe plus franche et plus rapide !

Fabriquée en 1792 par Tobias Schmidt, un facteur de clavecin et piano allemand établi à Paris, elle sera expérimentée sur des moutons et des cadavres de prisonniers, avant de s’abattre sur le cou de sa première victime, un voleur de grand chemin…

La peine de mort en Belgique

1830, La Belgique, jeune état indépendant a hérité de la législation de l’un de ses derniers pays occupants, la France. Le code pénal prévoit la peine de mort par décapitation. Durant 33 ans, sur la place publique, la guillotine fonctionne… Jusqu’en 1863 où, dans la pratique, suite à une erreur judiciaire et à l’impulsion du ministre de la justice, Jules Bara, fervent abolitionniste, la peine capitale se mue en prison à perpétuité.

Il faudra attendre 1996 pour que les députés belges votent à une large majorité des voix (129 oui contre 13 non) la suppression de la peine de mort.

Ultime guillotiné belge…

 

Toutefois, le 26 mars 1918, dans un contexte historique particulier, la " Veuve " comptera à son palmarès une dernière tête tranchée... Celle d'Emiel Ferfaille, sergent major en poste à Furnes, chargé du ravitaillement des troupes.

L’homme n’est pas déserteur… Son crime : avoir roué de coups Rachel, sa jeune maîtresse, à l'aide d'un marteau et de l’avoir étranglée avec une cordelette avant de l’enterrer sous des déchets de culture maraîchère.

L'ouvrière agricole, enceinte de ses œuvres, était un obstacle pour le militaire qui espérait convoler en justes noces avec une autre femme, fille d'agriculteurs.

Le dernier bourreau belge n’actionna jamais le levier de la guillotine !

Pierre Nieuwlandt est le dernier à obtenir le poste " d’exécuteur des arrêts de justice " en septembre 1894.

Lorsque l’exécution d’Emiel Ferfaille se posa, plusieurs obstacles s’imposèrent. Avant même de se soucier du bon état de la machine de mort, il était évident qu'elle ne pouvait franchir les lignes allemandes. En outre, l’idée de recourir à un bourreau sans aucune expérience en refroidit plus d’un. Dès lors, on fit exceptionnellement appel à Anatole Deibler, coupeur de tête en chef de la république française qui fit le voyage depuis Paris. Ce fils et petit-fils de bourreau ne trancha pas moins de 400 têtes en l’espace d’un demi-siècle et raccourci quelques célébrités comme le tueur en série, Henri Désiré Landru.

Notre bourreau national, quant à lui, meurt en 1929 sans avoir jamais actionné le levier de la guillotine et sans être remplacé… Faute de candidats !

A voir sans modération sur notre page facebook LA MINUTE CRIM' de Devoir d'enquête sur la guillotine  https://www.facebook.com/devoirdenquete/videos/1855634457828187/

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