CHASSE A L'HOMME EN FORET GAUMAISE

Roger Champenois après sa cavale !
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Roger Champenois après sa cavale ! - © Tous droits réservés

Palpitante, « L’affaire Roger Champenois » a tenu la Belgique en haleine. En cavale à travers les forêts de la Gaume, l’homme a défié les forces de l’ordre avant d’être trahi par son urine !

Le dimanche 23 août 1964, à l’aube, Roger Champenois pénètre dans l’épicerie du village d’Houdemont, frappe la propriétaire des lieux à la tête avec une hache et emporte quelques provisions avant de s’enfuir dans la forêt avec sa fille aînée. Le jour même, la jeune otage est retrouvée saine et sauve. L’agresseur a disparu... C’est le début d’une chasse à l’homme mémorable !

« N’allez pas aux champignons… »

Après trois jours de recherches sans trace du fugitif, une opération d’envergure est lancée. Des centaines d’hommes, gendarmes et militaires, ratissent alors plus de 300 hectares de forêt… Sans le moindre succès ! C’est aussi la première fois qu’un hélicoptère équipé des derniers perfectionnements survole la région. Son détecteur de métaux, semble localiser l’individu. Mais l’homme des bois n’est pas dupe et abandonnera son fusil... 

Caché dans les arbres, Roger Champenois suit l’enquête et fait la nique aux policiers qui circulent sous ses pieds. Il connaît ce vaste territoire comme sa poche, dort dans des meules de foin, se nourrit de champignons et de fruits sauvages.

Le matin du 1er septembre, il est aperçu par un villageois, repéré par une patrouille. Réfugié en haut d’un chêne, il est démasqué par son urine. En effet, quelques gouttes tombent, immobilisant le chien policier qui lève la tête tout comme son maître qui n’aura plus qu’à le "cueillir ".

Pourquoi agresse-t-il l’épicière du village ?

" Les premiers coups de langue méchants que j’ai reçus, c’est venu d’elle " dira-t-il pour expliquer son geste. De fait, Roger Champenois est au centre des ragots du village depuis la disparition de son épouse un jour d’été 1963. Il affirme ne pas avoir de ses nouvelles depuis qu’il l’a conduite à la gare d’Arlon où elle a pris le train pour se rendre chez sa tante. Toutefois, les soupçons se portent rapidement sur lui. Arrêté le 19 mars, Roger Champenois garde le silence. Leur propriété est fouillée de fond en comble, sans résultat. Faute de preuve, le bûcheron est remis en liberté.

Depuis leur mariage en 1954, tout le monde connaissait la situation de ce couple mal assorti. Lui, jeune bûcheron n’ayant pas dépassé la classe de première primaire, plutôt domestique que mari. Elle, bruxelloise autoritaire de 25 ans son aînée, friande d’insultes et autres brimades.

Lassé par les commérages, Roger Champenois s’en prendra à l’épicière et se réfugiera dans les bois.

Un procès sans cadavre.

Le 25 octobre 1965, Roger Champenois comparaît devant la cour d’Assises d’Arlon pour le meurtre de son épouse. Au terme du procès, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Sans aveux, sans cadavre.

Détenu modèle, il bénéficie de congés pénitentiaires. En 1977, lors d’une sortie, l’appel de la forêt est plus fort que tout ! Cette fois, plus de chasse à l’homme. Le gendarme qui l’appréhende le sort de son mutisme. Treize ans plus tard, Roger livre sa version : la mort d’Elisabeth était un accident. " Elle voulait me tirer dessus avec son fusil mais comme il y a un bon dieu, elle m’a loupé et c’est elle qui est tombée dans l’escalier ". Le prisonnier précisera que son épouse n’a jamais quitté la ferme… Il l’avait enterrée dans l’étable, avant de couler une dalle de béton sur le corps de la défunte !

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