Le Serpent ou comment avoir la trouille des vacances en Asie

S’il y a bien une série incontournable en ce mois d’avril, c’est Le Serpent. Diffusée dès le début de l’année 2021 sur BBC One, la série britannique a connu un boom en passant sur la plateforme de streaming au grand N. Retraçant les meurtres du tueur en série Charles Sobhraj, la série nous offre la possibilité de découvrir l’itinéraire d’un homme qui a existé et qui est encore en vie ! On en parle dans Culture Club.

Un voleur de hippies !

Les voyages vous manquent ? Une envie de visiter les recoins de l’Asie du sud-est ? Le Serpent va totalement vous en dégoûter ! La série nous plonge à travers les péripéties d’Alain et Monique Gautier, noms d’emprunt de Charles Sobhraj et Marie-Andrée Leclerc, un couple de vendeurs de pierres précieuses à Bangkok dans les années 70’. On apprend très vite que ces diamants ont été volés à des touristes, et que leurs intentions sont de droguer des jeunes touristes occidentaux afin de récupérer leur argent, leur passeport et de les tuer. Ils les repèrent et les appâtent en les invitant à des fêtes dans leur domaine, les faisant rencontrer du beau monde, les hébergeant, en gros ils créent des liens avec leurs victimes. Parallèlement, nous découvrons Herman Knippenberg, un jeune diplomate néerlandais employé à l’ambassade, qui semble être le seul à se soucier des disparitions suspectes dans la capitale thaïlandaise. Il va jusqu’à mener ses investigations en cachette, tenter de mettre une équipe sur pied ! Il devient enquêteur le temps d’une affaire, l’affaire de sa vie.

 

Une histoire inspirée de faits réels

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Tahar Rahim interprète Charles Sobhraj © TheTab

Si l’histoire paraît jusque-là digne des meilleures séries policières, comment ne pas tomber des nues quand on découvre que ces faits ont eu lieu et que Charles Sobhraj a vraiment existé. Cette série retrace les aventures, si l’on puit dire ainsi, d’un homme qui extorque des riches vacanciers occidentaux afin de lui-même devenir ce riche Occidental qu’il n’a jamais pu devenir. Il est aujourd’hui emprisonné au Népal et ce, à perpétuité. La vie et l’enfance du Serpent ont été parfaitement interprétées par Tahar Rahim, acteur français qui acquiert une renommée internationale grâce notamment à son rôle principal dans Un Prophète (deux Césars) et prochainement dans Désigné coupable. Et il faut dire que la perruque et les lunettes lui donnent un air vraiment ressemblant à la personnalité qu’il imite. Les personnages de la fiction tentent d’être le plus possible similaires physiquement à ceux de la vie réelle. Les villes parcourues sont également bien répliquées comme celles de l’époque, l’ambiance hippie des fêtes est bien jouée, c’est clairement le point fort de la série, elle réussit à nous plonger dans la dynamique des années 70 en Asie du Sud-Est.

 

La mini-série documentaire, une fausse bonne idée ?

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© Le Serpent

Bien que la série fasse un carton, tout n’est pas à garder. En effet si l’on acclamait plus haut que le parcours de Charles Sobhraj est bien développé, la psychologie cependant n’est pas assez exploitée. À la fin de ces 8 heures de visionnage, impossible de réellement comprendre pourquoi il s’en prend autant à des Hippies. La fin laisse place à un doute : voulait-il simplement devenir plus riche ou bien voulait-il se venger des blancs qui l’ont rejeté selon lui durant sa jeunesse ? En clair, la série aurait été mieux ficelée, si elle avait été tournée tel un documentaire. Ici, on se retrouve avec quatre premiers épisodes fades, bourrés de flash-backs qui perdent rapidement le spectateur. L’intensité de la série commence à la moitié et il faut tenir quatre heures avant d’y arriver ! Dans ce style de série documentaire, nous retrouvons Making a Murderer qui a lancé la hype de ce genre cinématographique, Don’t f**k with cats, un film documentaire aux airs de film à suspense. En totale opposition à ce style nous retrouvons American Murderer, un documentaire qui reprend des extraits issus de réseaux sociaux, des caméras de policiers, de conversations, etc. comme quoi, il n’est pas toujours bon de forcer sur un style qui marche avec son produit, le rendu ne sera pas toujours optimal !

 

 

Découvrez l’avis de Cathy dans le Doss’

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