Rencontre avec Viktor Lazlo, présentatrice de l'Eurovision à Bruxelles en 1987

Alors que les préparatifs auraient du battre leur plein à Rotterdam pour la préparation du 65ème concours Eurovision de la chanson, nous sommes allés à la rencontre (virtuelle) de Viktor Lazlo, confinée dans son appartement parisien.

Viktor Lazlo a été la présentatrice de l'unique édition de l'Eurovision qui a eu lieu en Belgique, à Bruxelles, le 9 mai 1987 au Palais du Heysel à Bruxelles. Evocation avec elle de cette aventure, 33 ans après, presque jour pour jour.

 

Vous souvenez-vous de qui vous a fait la proposition de présenter l'Eurovision?

Si mes souvenirs sont bons, la demande a été émise par la RTBF, via mon producteur de l'époque, Lou Deprijk.

 

Quelle a été votre première réaction?

J'ai été enchantée de la proposition, toute inconsciente que j'étais de ce que cela représentait et de ce que ça pouvait couver comme antagonisme.

 

Avez-vous accepté immédiatement?

Oui, le temps de laisser mes agents négocier le prix de la robe que j'allais porter (LoL) 

 

Alors que vous étiez chanteuse, comment se fait-il que l'on ait pensé à vous en tant que présentatrice?

Je parle cinq langues couramment, ça a dû peser dans la balance et à l'époque, je représentais peut-être un mélange de cultures, un style qui pouvaient plaire au différentes nations, qui n'était pas uniquement belge...

 

Comment vous y êtes-vous préparée?

La RTBF m'a confiée aux bons soins d'un professeur d'art dramatique du conservatoire de Liège. Avec lui, j'ai appris à maîtriser mon trac dans le salut, à projeter ma voix, distinctement, sans la monter dans les fins de phrases, bref, les rudiments de la comédie. Heureusement qu'il était là!

 

Qu'est-ce qui vous a le plus étonné dans ce dispositif?

A posteriori, les moyens mis en oeuvre par la chaîne de télé. Tout était splendide! Et même si j'ai traversé cette période dans un flou absolu, sans vraiment me rendre compte de ce qui arrivait, j'étais consciente qu'il y aurait un avant et un après Eurovision.

 

Qu'est-ce qui vous a semblé le plus difficile?

Les premiers mots, les premiers pas ... Après avoir bafouillé en annonçant le démarrage officiel du concours, j'étais tirée d'affaire! (Pour rappel, Viktor Lazlo s'est trompée d'année en ouvrant la cérémonie)

 

Qu'est-ce qui vous a le plus amusée dans cette aventure?

J'ai adoré être au centre d'un dispositif dont je n'imaginais pas, à l'époque, qu'il mettrait à mal les finances de la chaîne, j'ai aimé ce sentiment d'être au cœur de l'Europe, moi qui ai été élevée aux discours pro-européens dans l'école dans laquelle j'ai fait mes classes et au sein de ma famille. C'était une fierté qui allait au-delà de ma petite personne, incarner un rêve, une grande idée...

 

Selon vous, quelle était la particularité de cette édition organisée en Belgique?

Le pays devait prouver au monde entier qu'il était capable de relever le gant, de dépasser les luttes intestines, d'être GRAND, à la mesure des attentes de sa population et de sa culture.

 

Avez-vous tissé des liens à cette occasion?

J'étais tellement entourée de "ma petite cour" (agent, maquilleuse, compagnon, producteur, ...) je n'ai eu que peu de contact avec les équipes et les artistes. Je me souviens avoir sympathisé avec Johnny Logan dont, neuf mois plus tard, la presse prétendait qu'il était le père de mon fils!

 

Avez-vous autre chose à raconter qui vous semble intéressant, inattendu, croustillant au sujet de votre expérience de l'Eurovision?

Ont surgi, bien après, les événements désagréables qui ont accompagné ma participation, tel que les mouvements nationalistes qui ont donné de la voix pour condamner le choix d'une "antillaise de couleur, même pas de nationalité belge... Dont les îles d'origine entraient en concurrence directe avec le tourisme belge!" Ou d'autres qui ont menacé de se retirer financièrement si la chaîne me choisissait... Des petitesses qu'il vaut mieux oublier et qui n'ont terni en rien cette fabuleuse expérience!

 

Suivez-vous encore l'Eurovision actuellement?

La dernière fois que je l'ai suivie, j'ai vu avec bonheur la chanson portugaise de Salvador Sobral remporter le concours (Edition 2017)

 

Alors que nous dévoilerons lors d'une grande émission spéciale sur la Une, ce jeudi 14 mai dès 20h35, le Top 20 de nos spectateurs, quel est votre top 5 des titres phares de l'Eurovision?

  1. Salvador Sobral
  2. Jamala
  3. Conchita Wurst
  4. Ali Atari & Honey
  5. Johnny Logan (Hold me now)

 

 

On se quitte après qu'elle nous ait rassuré sur cette période de confinement qu'elle vit très bien, Viktor Lazlo en profite pour lire, écrire, faire du yoga, de la méditation et regarder des films et des séries.

Son cinquième roman est sorti début février de cette année chez Grasset. "Trafiquants de colère" est une aventure humaine qui unit les destins d'êtres humains en quête d'amour et de liberté, issus des tragédies qui ont noirci l'histoire des peuples, la traite négrière et la Shoah.

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