Prêts à devenir des "prosommateurs" ?

Prêts à devenir des "prosommateurs" ?
Prêts à devenir des "prosommateurs" ? - © Tous droits réservés

Produire soi-même ce que l'on consomme, c'est ça l'avenir !

Produire son électricité soi-même, fabriquer des objets du quotidien grâce à l’impression 3D, cultiver sa propre nourriture, ... autant de possibilités qui rendent le consommateur de plus en plus actif et autonome!

Les bouleversements économiques et technologiques que connaît notre société entraînent l’avènement d’un consommateur d’un tout nouveau genre : le prosommateur. Contraction entre producteur et consommateur, le terme prosommateur désigne toute personne qui produit elle-même ce qu’elle consomme. Selon cette logique, l’individu quitte peu à peu son état de dépendance économique, énergétique et alimentaire vis-à-vis de fournisseurs externes pour atteindre l’autosuffisance. Il entre alors dans une nouvelle ère : l’âge de faire !

Sommes-nous en train d’assister à la fin du capitalisme ?

Ce n'est un secret pour personne: notre système capitaliste est à bout de souffle. Du moins c’est ce que pense Jérémy Rifkin, économiste et essayiste américain. Dans son dernier ouvrage intitulé "La Nouvelle société du coût marginal zéro"*, Rifkin affirme qu’une nouvelle révolution industrielle est en marche. D’après lui, cette "Troisième Révolution Industrielle" devrait surgir de la convergence entre l'interconnexion à bas prix de tous les objets via Internet ("the Internet of things") et les énergies renouvelables auto-produites, et sera accélérée par l’émergence de nouvelles technologies telles que l’impression 3D.

Selon l’économiste américain, cette "Troisième Révolution Industrielle" apporterait avec elle toutes les solutions possibles à la crise énergétique et économique dans l'humanité est en train de s'engluer. La démocratisation de l’imprimante 3D ouvre à elle seule la voie vers de nouveaux modes de consommation plus éco-responsables et davantage adaptés à nos besoins. Fini le gaspillage, la surconsommation et les déplacements inutiles: l’imprimante 3D donne une seconde vie à nos objets et permet au citoyen de reproduire tous types de pièces où et quand il le souhaite, sans devoir dépendre d’acteurs commerciaux extérieurs.

L’imprimante 3D, pilier de la Troisième Révolution Industrielle

Peu coûteuse et facile d’utilisation, l’imprimante tridimensionnelle permet de dupliquer des objets à l’infini. Et ce, en quelques étapes seulement. L’utilisateur commence par modéliser (dessiner en trois dimensions) l’objet qu’il souhaite imprimer dans un logiciel informatique. Un processus qui peut sembler laborieux et difficile d'accès pour le commun des mortels, mais qui n'est en fait que la version 3D du traitement de texte que l’on utilise pour rédiger un document avant de l’imprimer en deux dimensions avec une imprimante laser ou à jet d'encre. A leur sortie, les logiciels de traitement de texte semblaient réservés à une élite professionnelle, mais leur utilisation a fini par se généraliser. Peut-être serons-nous tous graphistes 3D dans une ou deux générations...

Comme dans le cas d'une simple impression 2D, le fichier qui résulte de la modélisation 3D est envoyé vers une imprimante chargée de reproduire l’objet. Une fois que l’information contenue dans le fichier est déchiffrée par l’imprimante 3D, celle-ci superposera des couches de matières premières (plastique, métal, cire, mais aussi chocolat, béton et tissus biologiques!) de bas en haut afin de donner à l’objet sa forme et son volume définitifs.


L’impression tridimensionnelle représente un gain d’argent, mais aussi de temps. Une pièce essentielle au bon fonctionnement de l’une de vos machines est introuvable ou cassée ? Rien de plus simple ! En quelques heures, l’imprimante 3D vous reconstitue cette pièce à l’identique.

De plus, les débouchés de cette technique d'impression sont multiples, presque infinis. Les secteurs de la santé, la science, la mode, l’automobile, l’aéronautique et l’armement se sont déjà emparés de cette technologie. Plus impressionnant encore : grâce à l’impression 3D, des maisons ont été ont été construites … en 24h seulement! Et elle ouvre la voie à de nouvelles perspectives en termes d'architecture et d'efficacité énergétique. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’utilisation de ces outils ne se limite pas seulement aux scientifiques et ingénieurs. Des imprimantes 3D sont déjà disponibles sur le marché public (elles sont encore chères mais leurs prix ne cessent de diminuer) et les particuliers qui souhaitent bénéficier d’un accès privilégié à des machines professionnelles peuvent se rendre dans des FabLab, contraction des termes "fabrication" et "laboratoire", sortes d'ateliers de fabrication numérique. Ils bénéficieront des conseils d’experts en nouvelles technologies et apprendront à faire fonctionner une imprimante 3D. Des FabLabs ont déjà ouvert leurs portes à Gand, Bruxelles, Liège, Louvain, Malines, Anderlecht ainsi qu’à Mons. Lucie Hiel et l’équipe d’Alors on Change ! sont d'ailleurs allés tester l’efficacité de l'impression 3D au FabLab Mons. Pour découvrir le processus d’impression et le résultat obtenu par Lucie Hiel, rendez-vous ce mercredi 17 février à 22h50 sur La Deux pour un Alors on Change ! spécial sur "l’innovation au service de la transition".

Produire et générer son énergie

Le secteur de l’énergie travaille, lui aussi, à la mise au point de technologies permettant à tout un chacun de subvenir à ses besoins personnels en électricité. Tesla, l’un des plus importants constructeurs de voitures électriques, a lancé sa première batterie domestique rechargeable : la Tesla Powerwall. L’innovation de cette batterie réside d’abord et avant tout dans son mode d’alimentation. Cette batterie stationnaire est capable de stocker de l’énergie produite par une éolienne ou par des panneaux solaires. L’énergie qui s'y accumule est directement consommée par les habitants sous forme d’électricité. Quelqu’un qui combinerait des panneaux solaires à une ou plusieurs de ces batteries serait donc en mesure d’alimenter sa maison sans devoir dépendre d’un producteur de gaz ou d’électricité extérieur. Vous avez dit autonomie énergétique ?

Avec ces inventions, le système capitaliste tel que nous le connaissons s’estompe progressivement. Une nouvelle forme d’économie voit le jour. Une économie où l’homme devient 100% autonome. Pour simplifier les propos de l'économiste Jérémy Rifkin: lorsqu’un consommateur reproduit un objet à partir d’une imprimante 3D et consomme de l'énergie autoproduite, le coût marginal, c’est-à-dire le coût de production relatif à la production d’une unité supplémentaire du produit, est quasi nul. Et si le coût marginal est égal à zéro, c'est le fondement même du capitalisme qui disparait: la marge bénéficiaire. Ce phénomène provoquerait la faillite de nombreuses entreprises et entraînerait, à terme, la mort du capitalisme. Rifkin se montre rassurant: le travail ne servirait de toute façon plus à produire des biens pour une entreprise-employeur afin qu'elle puisse les vendre sur un marché en dégageant des bénéfices. Le travail de tout un chacun servirait à autoproduire ses propres biens et sa propre énergie.

Pour en savoir plus sur l'impact des innovations technologiques sur la société, rendez-vous ce mercredi soir à 22h50 sur La Deux pour un tout nouveau numéro d'Alors, on change!

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