Les animaux aussi ont des droits !

Ceci n'est pas un dauphin...
3 images
Ceci n'est pas un dauphin... - © Claudia Beer – Pixabay

D’ici 2050, 30 % des espèces animales sont amenées à disparaître. Comment les protéger ?

Yvan Beck, président de l’asbl Planète-Vie, est l’auteur du livre " Ceci n’est pas un dauphin ". Un véritable manifeste pour une reconnaissance juridique du monde vivant, qui pose une série de questions sur les droits des animaux. Sont-ils pourvus d’une capacité intellectuelle ? Leur statut juridique devrait-ils être adapté ?

 

Pour Yvan Beck, la réponse est OUI. Né en Afrique, il a toujours eu une relation particulière avec le monde animal et depuis son plus jeune âge, il désirait s’occuper d’animaux. Son rêve était soit de devenir vétérinaire soit professeur de biologie, et il réalise finalement son souhait en devant vétérinaire.

En 2011, le documentaire LoveMEATender, dont Yvan est l’un des scénaristes, aborde la production animale et la place de la viande dans nos assiettes. Un des objectifs principaux du documentaire est de sensibiliser à la production de ce que nous consommons. LoveMEATender parle également de l’interdépendance entre l’homme et l’animal, il met en évidence des questions sociétales. Sept ans après sa sortie, le documentaire suscite encore le débat dans les écoles et sensibilise la jeune génération.

Aujourd’hui, Yvan Beck continue d’attirer l’attention sur cette thématique, cette fois à travers un livre intitulé : " Ceci n’est pas un dauphin ", dans lequel il se penche sur le statut juridique du monde vivant. D’ici 2050, 30 % des espèces animales sont amenées à disparaître, et selon lui la reconnaissance du statut juridique des animaux pourrait être l’une des seules armes face à l’extinction et au marché économique.

Qui représente le monde vivant ?

Votre petit chat, le chien du voisin, le bétail d’élevage, les abeilles… de manière plus générale, le monde végétal, animal et minéral... tous les êtres non-humains sont répertoriés dans la catégorie "objet". Le droit des animaux n’existe pas, même si en théorie, en Belgique il existe un certain degré de protection : les animaux peuvent être utilisés comme marchandises et moyens de production, mais leur bien-être doit être pris en compte.

Mais Yvan Beck insiste : " Enfermer le vivant dans la catégorie des choses, c’est le condamner ! " Il va même plus loin, en expliquant que d’un point de vue juridique considérer les êtres vivants comme des objets, c’est leur donner un statut de mort.

Il serait intéressant de reconnaître les multiples capacités des animaux car il existe différentes formes d’intelligence parmi les diverses espèces. Un statut juridique adapté ne ferait donc que confirmer les droits qu’ils méritent, et permettrait au passage de rappeler que l’Homme n’est qu’un chainon de la chaine alimentaire.

Avec l’asbl Planète-Vie, dont il est président, Yvan Beck a par exemple beaucoup milité contre les delphinariums et il se pose la question : "Peut-on considérer comme dauphin un animal enfermé sans aucune relation ni sociale ni culturelle ni environnementale ?" Le bien-être des mammifères dans les delphinariums est une utopie, et il est rare que des dauphins vivant en captivité survivent plus de deux générations dans ces endroits clos.

Quels droits pour le monde vivant ?

Un manifeste pour défendre le droit du monde vivant, c’est ce qu’Yvan Beck propose dans son livre " Ceci n’est pas un dauphin ". Dans cet ouvrage, on découvre la condition des dauphins en captivité, on accède aux résultats de recherches sur la thématique… et on décortique la question de la personnalité juridique non-humaine.

Certains pays se sont déjà lancés dans cette question éthique, philosophique, politique et aussi juridique du droit des animaux. En 2013, l’Inde a été l’un des premiers pays à reconnaître le droit des cétacés, notamment leurs droits à ne pas subir la captivité. Depuis, d’autres espèces animales ont pu bénéficier de cette reconnaissance, entre autres certains grands singes en Argentine.

En Europe, le Traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne de 1992 stipule : " L’Union et les Etats membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles ". Cependant, certains cas exceptionnels permettent encore de détourner ce principe.

L’Allemagne, en 2002, a été l’un des premiers pays de l’Union Européenne à inclure le droit des animaux dans sa Constitution. Désormais, l’Etat allemand s’engage à respecter et à protéger la dignité des humains ET des animaux.

En Belgique, actuellement, le monde vivant est relégué dans la section des objets, des choses inanimées et dénouées de sensibilité. C’est pourquoi il souhaite créer une nouvelle catégorie qui permettra de reconnaître le droit des êtres vivants non-humains. Cette partie comprendrait différents sous-groupes, par exemple pour les animaux il y aurait ceux qu’on chasse, ceux qu’on respecte, ceux qui se retrouvent dans notre assiette, les animaux de compagnies … l’objectif est vraiment de renforcer certaines applications dans le respect de l’animal.

Chaque animal est un individu à part entière ", clame Yvan Beck, et c’est l’une des raisons pour lesquelles il se bat pour les droits des animaux, parce que chacun de ces êtres est différent et doté d’une sensibilité. Notre présentatrice Gwenaëlle a discuté avec Yvan Beck, tout en visitant la ferme "Le rêve d'Aby" qui recueille des animaux maltraités ou destinés injustement à l'abattoir.

Cindy Thonon

 

 

 

Newsletter TV

Recevez chaque jeudi toute l'actualité de vos personnalités et émissions préférées.

OK