Huile de palme : que lui reproche-t-on exactement ?

Pâtes à tartiner, chips, pizzas, biscuits, plats préparés, gels douche, dentifrices… Il suffit de franchir la porte d’un supermarché pour s’en rendre compte : l’huile de palme est partout. C’est d’ailleurs l’huile végétale la plus produite au monde… Et également la plus décriée.

Sa production a quadruplé entre 1995 et 2015 et atteint aujourd’hui 60 millions de tonnes par an. Une success-story économique qui repose sur deux piliers : un rendement maximum, pour un prix minimum. Et cela, deux pays l’ont bien compris : l’Indonésie et la Malaisie. Ils approvisionnent à eux seuls 85% du marché, et transforment pour cela leurs territoires en de vastes champs d’un palmier bien particulier : le palmier à huile.

Déforestation et réchauffement climatique

Mais avant de planter ces palmiers, il faut faire de la place. De préférence dans de grands espaces vierges de toute activité humaine : les forêts tropicales. Et tant pis pour la destruction de biodiversité, dont font partie des espèces menacées telles que l’orang-outan, l’éléphant nain ou encore le rhinocéros de Sumatra.

Cette déforestation massive impacte également directement le réchauffement climatique, via la destruction de tourbières : ces zones humides connues pour stocker de grandes quantités de carbone. Leur disparition entraîne, dès lors, la libération de millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Avantageuse pour les industriels, pas pour notre santé

Si l’huile de palme est tant utilisée par l’industrie alimentaire, c’est bien parce qu’elle comporte différents avantages technologiques. Comme celui d’allonger la durée de conservation des produits, ou encore d’éviter l’utilisation d’autres procédés chimiques afin de solidifier les graisses. " Ça, ce sont les côtés positifs ", conclut Nicolas Guggenbühl, expert nutrition chez Karott et professeur à l’institut Paul Lambin.  " Ses principaux inconvénients sont cependant nutritionnels. C’est une huile extrêmement riche en graisses dites saturées, qui favorisent ou augmentent plus volontiers le risque cardiovasculaire. "  

Néanmoins, consommée en petite quantité, l’huile de palme ne pose bien entendu pas problème. " Le danger est en effet de cumuler des aliments où l’on retrouve de l’huile de palme comme principale matière grasse ", abonde Nicolas Guggenbühl

Faut-il pour autant la bannir de nos rayons ?

Si l’on se dirigeait vers d’autres huiles végétales, comme l’huile de soja ou l’huile de coco, il faudrait quatre à dix fois plus de terres pour en produire la même quantité ", explique Jessica Nibelle, porte-parole de WWF Belgique. " Le WWF n’appelle donc pas au boycott de cette huile. Néanmoins, sa production doit devenir durable et ne plus être liée à un haut taux de déforestation."

Au final (et comme bien souvent), la clé se trouve dans nos modes de consommation. Si le boycott de l’huile de palme est inutile, il convient plutôt d’être vigilants aux produits que nous consommons, tout en limitant le gaspillage alimentaire. Car aujourd’hui encore, 25 à 30 % de la nourriture serait perdue, car gaspillée.

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