Comment ne plus avoir honte du café que l’on boit ?

Nous sommes 63% de Belges à en boire tous les jours. Pourtant, le marché du café est un marché en crise. Alors qu’il se vend toujours de plus en plus cher en magasin, ses producteurs touchent quant à eux de moins en moins d’argent. Décryptage.

Une pression constante sur les prix

20 à 25 millions de petits agriculteurs face à un nombre très restreint d’acheteurs. Voici la situation actuelle du marché du café. Un marché au sein duquel seul un petit nombre de décideurs (des entreprises multinationales) fixe les prix. " Cela pousse certains producteurs à choisir d’arrêter leur production. Mais certains n’ont malheureusement pas le choix et sont donc forcés de vivre dans la pauvreté ", confirme Nicolas Lambert, directeur de Fairtrade Belgium. " Particulièrement cette année, en 2019, où le prix s’est situé autour d’un dollar la livre, ce qui est souvent en dessous de leur prix de production ". Un rapport de force si inégal qu’aujourd’hui, pour 10€ de café acheté, seul 1€ retourne dans le pays d’origine du planteur.

L’étrange avènement du « café capsules »

Si le prix de vente du café est de plus en plus élevé, c’est notamment dû à l’avènement d’un concept : celui de la portion individuelle. Dosettes, pads, pods, capsules…quelle que soit sa forme, la portion individuelle de café a révolutionné notre façon de le boire. Pourtant, même si elle est parfois jugée plus pratique, cette solution n’est pas une bonne nouvelle pour notre pouvoir d’achat. C’est ce que nous explique Harold Anciaux, maître-torréfacteur chez Corica, un comptoir de dégustation bruxellois. " Si on prend l’exemple des capsules Nespresso, on arrive aux alentours de 60€/kg. En vrac, cela équivaut chez nous clairement au prix d’un café de luxe ".

Sans oublier qu’à l’achat d’une portion individuelle, nous payons aussi pour un emballage en plastique ou en aluminium qui, à la base, n’a aucune raison d’exister…

Quelles bonnes pratiques adopter ?

Face à ces constats, quels choix peuvent être posés par le consommateur ? Benoît et Michel Liégeois, les administrateurs de Café Liégeois (le premier torréfacteur wallon) en ont identifié deux : opter pour des cafés labellisés et/ou de spécialité. " Nous, nous sommes engagés dans le label Fairtrade car c’est pour nous le plus complet, à la fois du point de vue économique, mais aussi environnemental et durable ", explique Benoît. " Mais vous pouvez aussi trouver d’autres produits non labellisés, mais qui vont également donner un prix plus décent aux producteurs. C’est notamment le cas des " speciality coffee ", des cafés un peu plus haut de gamme ", abonde Michel Liégeois.

Deux solutions onéreuses ? Loin de là. " Vous trouvez maintenant des cafés équitables et bio qui vont par exemple être moins chers que la grande marque de café nationale bue par la majorité des Belges ", ajoute Nicolas Lambert. Et, de son côté, le prix d’un café de spécialité est toujours à l’heure actuelle moins cher au kilo que celui…d’un café en capsule.

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