"Un amour qui ne finit pas", André Roussin revitalisé par Daniel Hanssens

Un amour qui ne finit pas, par la Comédie de Bruxelles
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Un amour qui ne finit pas, par la Comédie de Bruxelles - © Gregory Navarra

Pour le grand public, Daniel Hanssens, c’est d’abord un interprète indispensable de "Bossemans et Coppenolle" et du "Mariage de Mademoiselle Beulemans". Mais avec sa compagnie "La Comédie de Bruxelles", ce pilier de notre théâtre s’amuse régulièrement à revisiter des grands auteurs peu montés chez nous (Noël Coward, Alan Ayckbourn…) Cette fois, il a jeté son dévolu sur une pièce oubliée d’André Roussin : "Un amour qui ne finit pas".

Un homme et une femme se rencontrent lors d’une cure thermale. Ils sont tous deux mariés. L’homme lui fait une étrange proposition : il lui réclame son adresse pour pouvoir lui écrire, chaque jour, une lettre d’amour. Il veut pouvoir penser à elle, l’imaginer à ses côtés dans ses promenades et ses voyages, sans jamais passer à l’acte. Il ne veut pas concrétiser une vulgaire liaison ; il préfère pouvoir fantasmer sur un amour idéal et sans nuages. Mais cette relation platonique va semer le trouble chez le mari de la femme, qui ne peut pas imaginer que ces lettres ne cachent pas un plan secret…

André Roussin a été un des rois du théâtre parisien avec des succès comme "Bobosse" avec François Périer ou "La Mamma" avec Elvire Popesco. Il entra à l’Académie Française en 1973, et tira sa révérence en 1987, à 76 ans. Depuis lors, cet auteur célébré de son vivant traverse un long purgatoire, traité avec condescendance comme un vulgaire "auteur de boulevard".

En montant "Un amour qui ne finit pas", Daniel Hanssens réhabilite la plume brillante et l’humour corrosif de Roussin. Dans cette comédie, l’auteur fait voler en morceaux les conventions du vaudeville…

Mais pour que cette langue retrouve tout son éclat, il fallait des acteurs à la hauteur. Ici, mission accomplie : Hanssens est savoureux, Laure Godisiabois est désopilante, Christel Pedrinelli charmante et Pierre Pigeolet, dans le rôle ingrat du mari jaloux, tire bien son épingle du jeu… Quel régal de redécouvrir un texte aussi spirituel si bien mis en valeur ! Merci à la "Comédie de Bruxelles".