"Le vent souffle sur Erzebeth" : avis de tempête

“Le vent souffle sur Erzebeth” : avis de tempête
“Le vent souffle sur Erzebeth” : avis de tempête - © Tous droits réservés

Une pièce de Céline Delbecq qui illustre avec brio la folie d’une jeune femme dans un village isolé imaginaire. Une production du Rideau qui se joue au Marni jusqu'au 4 novembre.

 

Six jours par mois, le vent souffle sur Somlyo, un petit village reculé entre la mer et un volcan, peuplé d’habitants qui travaillent la terre. Un cycle qui se répète inlassablement depuis des décennies voire des siècles. Chaque mois, la tempête rugit et casse l’équilibre de cette petite société, elle éventre les maisons, déracine les arbres, fait hurler les chiens et parfois même, elle tue. Six jours par mois, quand le vent se lève, Erzebeth, 20 ans devient confuse et en proie à des crises de folie. Durant le premier jour de la "fameuse" tempête, la jeune fille sauve une enfant de la noyade et est acclamée de tous. Malgré son statut d’héroïne, la démence s’empare de plus en plus d’Erzebeth qui ne contrôle plus son trouble et son anxiété, elle se questionne et remet tout en cause, se trouvant prisonnière de sa tempête intérieure. 

 

Dernière oeuvre de l’auteur, metteuse en scène et actrice Céline Delbecq, “Le vent souffle sur Erzebeth” est une des claques de la rentrée théâtrale. Au delà de l’interprétation juste et pleine de sens, de la mise en scène ingénieuse et de la mise en musique portée par la chorale des habitants du village et un orchestre à six cuivres, la pièce apporte une réflexion sur la folie et son caractère impalpable. A l’image de la tempête à laquelle Erzebeth est associée, ses crises sont irrémédiables, elles vont se produire, les questions tourbillonneront dans sa tête inlassablement. Comme le vent, sa folie est fulgurante. Pour s’en défaire, la jeune femme doit se reconnecter aux éléments naturels et attendre que cela passe, mais parfois, elle se sent trop fragile. Céline Delbecq, qui incarne elle-même la jeune Erzebeth, de manière assez incroyable, pose un regard doux et plein de poésie sur la névrose et son caractère cyclique presque saisonnier. 

Informations pratiques

“Le vent souffle sur Erzebeth”
De Céline Delbecq et la Compagnie de la Bête Noire
Production Le Rideau de Bruxelles

Au Théâtre Marni jusqu’au 4 novembre

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