Last exit to Brooklyn (Coda) - Concours

Last Exit to Brooklyn
Last Exit to Brooklyn - © Michel Boermans

C’est le récit des 24h de la vie d’une cité du samedi matin au dimanche matin. Ce texte s’est imposé à moi comme un “théâtre du monde, de notre monde”. J’ai eu le sentiment, en écrivant l’adaptation et au fur et à mesure de nos sessions de travail, de faire un spectacle-monde, comme on dit qu’il y a des villes-monde.

Le travail avec les dix acteurs qui incarnent la cinquantaine de personnages, adultes et enfants, qui vivent dans ces appartements, traversent ces cours, dansent dans ces fêtes du samedi soir et se battent à la nuit tombée m’a donné l’impression de vivre plusieurs vies. Mon rêve le plus fou : que le spectateur fasse la même expérience.

A l’origine : du roman à la scène… l'interview d'Isabelle Pousseur

En choisissant ce texte comme matériau je n’imaginais pas à quel point le passage de ce roman à la scène allait mobiliser ces acteurs, les porter, les stimuler. Je n’imaginais pas que nous tracerions autant de pistes différentes, chacune apportant un éclairage singulier sur l’un ou l’autre aspect du roman, sur son contenu aussi bien que sur sa forme.
(…)

Que signifie donc cette vie qui serait plus présente dans un roman que dans une pièce de théâtre ? Il me semble qu’une des raisons de cette affirmation pourrait être que dans une pièce de théâtre, le personnage existe par ce qu’il dit alors que dans un roman il existe aussi - surtout ? - grâce à tout ce qu’il ne dit pas, à tout ce qu’il pense, à tout ce qui fait sa vie psychique, rêves, souvenirs, pensées cohérentes ou fragmentaires, visions, ressassements...

(…)

Comment donc rendre compte, dans le jeu de l’acteur, de cette dualité : nous parlons et nous montrons d’une part et nous nous taisons et nous nous cachons d’autre part ? Comment rendre compte de tous ces moments où nous pensons le contraire de ce que nous disons ?  

(…)
Voilà donc l’origine : le désir de retourner à l’écriture romanesque pour travailler avec les acteurs ce point de passage entre ce qui se voit et ce qui ne se voit pas, entre ce qui se dit et ce qui se pense, entre ce qui se cache et ce qui se dévoile. 

du 16 au 27 octobre
Le Rideau de Bruxelles @ Théâtre Varia [Rue du Sceptre 78 / 1050 Bruxelles]

Concours