La Vénus à la fourrure: une comédie sensuelle, érotico-perverse. Un duo magnifique

Erika Sainte La Vénus à la Fourrure
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Erika Sainte La Vénus à la Fourrure - © Marianne Grimont - Marianne Grimont

Le Théâtre Le Public présente en ce moment "La Vénus à la fourrure" de David Ivès. Un excellent texte, inspiré du roman érotique de Léopold von Sacher-Masoch, paru en 1870, à l'origine du "masochisme". Dans la pièce écrite par David Ivès, le metteur en scène Thomas Novachek est découragé: toute la journée, il a auditionné des  comédiennes pour le rôle de  Vénus. Il cherche une déesse, qui puisse représenter l'Amour. Mais ce soir, après en avoir vu 35, il a envie de jeter l'éponge. Toutes lui ont semblé fades, superficielles et sans  grâce. Arrive une tornade essoufflée, complètement "extravertie". Elle s'appelle Vanda. Elle vient pour l'audition. Malgré le refus de Novachek , elle va le pousser à lui donner la réplique.

L'interview d'Alain Leempoel, metteur en scène du spectacle

Alain Leempoel : J’aime beaucoup le sous-titre du spectacle : comédie érotico-fantasmée. C’est très juste : même si c’est une comédie, David Ivès a gardé la substance du roman de Léopold von Sacher-Masoch. Il a voulu voir jusqu’où la jouissance intellectuelle et charnelle pouvaient se rencontrer. Parce que le metteur en scène Novachek c’est l’intelligence incarnée, et Vanda c’est le côté charnel. Elle incarne le jeu, l’amour, la séduction, l’étonnement. Et c’est cette confrontation qui je crois tient le spectateur en haleine tout au long du spectacle.

Erika Sainte joue Vanda. Elle est au service du rôle, mais finalement c’est son personnage qui tient les rênes.

Mais oui, puisque c’est un rapport de pouvoir ! C’est un rapport sado masochiste mais c’est surtout un pouvoir dominant-dominé. Et ce rapport dominant dominé qui est notre rapport quotidien de tout, puisqu’au départ le metteur en scène reçoit cette jeune fille, c’est lui le dominant, et puis la jeune fille l’entraîne dans des méandres un peu particuliers, elle devient la dominante, et lui se laisse dominer. On sait que ce sont les rouages des jeux sados masochistes.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter ce spectacle ?

J’avais vu le spectacle à Paris interprété par Marie Gillain, que j’avais beaucoup appréciée, j’avais vu le film de Roman Polanski avec Mathilde Seigner qui m’avait moins convaincu.  Et c’est en relisant le texte que je me suis rendu compte de la richesse de ce texte, avec ces nombreux coups de théâtre ! Magnifiquement porté par Fabrizio Rongione et Erika Sainte. C’est une énorme partition pour les deux comédiens, donner à voir "ces méandres du cerveau" que l’être humain peut avoir avec des déviances qu’elles soient sexuelles ou non, qu’elles soient un petit peu masochiste ou non, je trouve ça passionnant !