La pièce "Les Damnés", adaptée par le Belge Ivo Van Hove, ouvre le 70e Festival d'Avignon

Guillaume Gallienne dans "Les damnés"
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Guillaume Gallienne dans "Les damnés" - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

C'est l'événement du 70e Festival d'Avignon (sud de la France), le plus grand rendez-vous théâtral d'été en Europe: le retour, après 23 ans d'absence, de la Comédie-Française avec "Les Damnés", d'après le scénario du film de Visconti, adapté par Ivo van Hove.

Le Belge, qui a déjà signé à 57 ans une centaine de spectacles dont plusieurs adaptations de films, comme "Rocco et ses frères" et "Ludwig" de Visconti, est considéré comme un des géants européens de la scène théâtrale.

Il dirige à Amsterdam le Toneelgroep, une des compagnies les plus inventives d'Europe, avec une troupe permanente comme la Comédie-Française.

"Les Damnés", sorti sur les écrans en 1969, raconte la descente aux enfers en 1933 d'une grande famille allemande, propriétaire d'aciéries convoitées par le Reich. De compromis en assassinats, la famille bascule dans la haine et le nazisme.

Le choix d'Ivo van Hove pour diriger la troupe répond "au désir profond de se confronter à d'autres metteurs en scène", souligne l'acteur Denis Podalydès. Avec le metteur en scène belge, "on est dans un monde qui fait se croiser théâtre et cinéma de façon extrêmement savante et créatrice et c'est passionnant".

Sur scène, un caméraman évolue en effet comme un chat, filmant, souvent en gros plan, les acteurs dont l'image est projetée en fond de plateau. Le procédé filmique ne prend jamais le pas sur le théâtre, mais dévoile les coulisses du drame, comme dans le magistral "Kings of War" d'après Shakespeare montée par Van Hove en janvier sur la scène parisienne de Chaillot.

"Je ne suis pas intéressé par la technique", souligne Ivo van Hove, "pour moi le cinéma est toujours là pour soutenir le jeu des acteurs". "De ce dispositif nait du tragique", observe Denis Podalydès.

 


Belga