Des suffragettes aux Femen : Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler !

Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler !
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Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n'avez pas pu brûler ! - © Lara Bongaerts

Voilà un titre qui claque comme un drapeau, qui vibre comme un poing levé, et qui en dit long sur le propos de la pièce et de son auteure Christine Delmotte. Il s’agit en effet, nous dit celle-ci, d’un slogan glané dans une manifestation féministe du siècle dernier. C’est en effet dans l’histoire, proche ou lointaine, des combats féministes, que Christine Delmotte a puisé le sujet de sa dernière création. Une pièce construite sur quatre épisodes-clés de cette histoire : les suffragettes et leur lutte pour le droit de vote dans l’Angleterre du 19e siècle, les Françaises et le droit à l’avortement dans les années septante, la jeune pakistanaise Malala et son courageux plaidoyer pour l’éducation des filles, et enfin les Femen d’aujourd’hui qui, au scandale de leurs seins nus, ajoutent celui de détester le patriarcat familial et religieux. Un dernier chapitre nous plonge au cœur des interrogations actuelles sur le genre et des réflexions sur le futur.

Le spectacle navigue en permanence entre document et fiction. Le fond de scène se transforme notamment en grand écran où viennent cogner les images du monde, photos et vidéos, ou extraits de You Tube. Sur cette toile de fond, les cinq comédiennes se partagent tous les rôles : elles incarnent des personnages ou jouent les narratrices, le tout avec énergie et conviction. La metteuse en scène tire habilement parti du cadre intime de la petite salle et de la relation étroite qui s’y instaure d’emblée entre plateau et spectateurs.

Connaissiez-vous, mesdames, ces moments héroïques qui ont vu bien des femmes mourir pour leurs idées ? Saviez-vous, par exemple, que les suffragettes qui avaient entamé une grève de la faim en prison étaient nourries de force dans des conditions épouvantables ? Les plus anciennes parmi vous, sans doute, mais peut-être pas les plus jeunes, qui vivez sur les acquis gagnés de haute lutte par vos aînées. Mais soyez vigilantes, car rien n’est acquis à jamais. Et à une époque où l’on observe de plus en plus que les droits des femmes sont menacés de régression, même dans nos démocraties, c’est sans doute le plus beau message de ce spectacle généreux, au didactisme assumé.

 

Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler !

Ecriture et mise en scène : Christine Delmotte

Interprétation : Sophie Barbi, Isabelle De Beir, Catherine Decrolier, Daphné D’Heur, Mathilde Rault

A voir au Théâtre de la Place des Martyrs jusqu’au 10 décembre