Bruno Putzulu fait revivre sur scène "Les Ritals" de Cavanna

Bruno Putzulu rend un hommage émouvant à son père en adaptant pour la première fois sur scène l'autobiographie du fondateur de Charlie Hebdo.
Bruno Putzulu rend un hommage émouvant à son père en adaptant pour la première fois sur scène l'autobiographie du fondateur de Charlie Hebdo. - © Miguel MEDINA / AFP

"J’étais parti pour raconter les Ritals, je crois que j’ai surtout raconté papa". Comme le résumait François Cavanna, Bruno Putzulu, comme lui fils d’un immigré italien, rend un hommage émouvant à son paternel, en adaptant pour la première fois sur scène l’autobiographie du fondateur de Charlie Hebdo.

Paru en 1978, le texte de Cavanna entre en résonance avec la quête des migrants qui abandonnent actuellement leur pays pour fuir la guerre ou les difficultés économiques, comme l’ont fait au lendemain des première et seconde guerres mondiales, les pères de l’écrivain et du comédien.

Au Théâtre de la Scène parisienne et en tournée, l’ancien sociétaire de la Comédie-Française adapte et joue à la première personne, accompagné d’un accordéoniste, des extraits du texte de François Cavanna, récit truculent et émouvant de l’enfance d’un petit italien émigré, fils de maçon et d’une mère française.

"Il y a quatre ans, mon père est décédé. Quelque temps après, on m’a demandé de faire une lecture des 'Ritals', lors d’un colloque sur l’immigration italienne. Cavanna, c’est papa que je retrouve dans le texte", confie le comédien. "Ma mère est française, comme la mère de Cavanna. Mon père était sarde, avec beaucoup de points communs, mais à des époques différentes. Comme chez les Cavanna, on ne parlait pas italien à la maison, et encore moins de racisme, qui était caché", raconte Bruno Putzulu.

Se reconnaître dans les émigrés d’aujourd’hui

Pour cette adaptation, le comédien a souhaité associer son propre frère Mario à la mise en scène. "L’humanité des personnages du roman qui est la nôtre, faite de petitesse et de grandeur, d’égoïsme et de générosité, nous aidera peut-être à nous reconnaître dans les émigrés d’aujourd’hui et peut-être à les recevoir avec respect", estime ce dernier.

"La force de l’écriture de Cavanna, c’est qu’elle vient de l’âme et du cœur et nous rappelle, aussi, que le racisme peut revenir. Lors du coup de tête de Zidane à Materazzi, pendant la coupe du monde de football 2006, opposant la France à l’Italie, on a entendu des choses pas très jolies contre les Italiens", observe Bruno Putzulu.

Avec "Les Ritals", le comédien se livre à un marathon quotidien : après avoir joué "Douze Hommes en colère" à 19h au Théâtre Hébertot, il enfourche son vélo pour rejoindre le Théâtre de la Scène parisienne où le rideau se lève à 21h. "Juste un peu de discipline et une bonne nuit de sommeil, pour la mémoire !"