Alain Altinoglu, un nouveau directeur musical pour la Monnaie

Alain Altinoglu
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Alain Altinoglu - © Marco Borggreve

Depuis la démission de Ludovic Merlot en janvier dernier, le poste était resté vacant. L’engagement d’Alain Altinoglu comme chef d’orchestre ne s’est pas décidé sur un coup de tête. Peter De Caluwe souhaitait collaborer avec lui depuis de nombreuses années, vu le plaisir partagé avec les musiciens de l’orchestre de la Monnaie.

Alain Altinoglu était venu diriger "Cendrillon" de Massenet en 2011, il avait tout de suite senti une véritable symbiose avec les musiciens. C’est la première raison pour laquelle ce chef français a accepté cette lourde responsabilité, car au-delà de la direction musicale, il s’agira aussi de programmer les saisons musicales et d’engager de jeunes musiciens.

Diriger un orchestre, c’est aussi tenir compte des qualités de chaque musicien ?

Alain Altinoglu : Absolument, quand on est chef d’orchestre, c’est un échange avec l’orchestre, avec les solistes… Je donne les grandes lignes mais si en face, quelqu’un me propose quelque chose qui me semble absolument formidable, je le prends évidemment. C’est pas une démocratie parce qu’un orchestre, c’est très hiérarchisé, vous savez, il y a les chefs de pupitre, voilà.. mais en même temps, c’est faire de la musique ensemble, donc c’est comme une grande musique de chambre.

Vous avez trente-neuf , vous êtes encore très jeune… vous avez décidé de faire partie de la Monnaie parce que c’est une Maison où l’on peut chercher, tenter de nouvelles choses ?

Absolument. Ce qui me plaisait aussi dans la collaboration avec Peter de Caluwe, c’est qu’il a fait déjà une programmation innovante … J’aime qu’on trouve de nouveaux metteurs en scène, de jeunes chanteurs aussi, et de donner la chance à ces gens-là, et le travail éducatif pour moi est très important. Pour donner aux jeunes le goût de la musique classique, le goût de l’opéra, il faut commencer très très tôt, dès le plus jeune âge. Et donc je ferai aussi dans l’avenir des programmes symphoniques avec des répétitions que je commenterai moi-même, j’aime ça, avoir le contact aussi avec les jeunes pour l’éducation c’est très important.

Vous êtes d’origine arménienne, vous avez envie de faire découvrir ce répertoire ?

Alain Altinoglu : Ce qui est intéressant, c’est que mon éducation musicale classique est occidentale, totalement. Pas du tout arménienne. Si je voulais vous faire découvrir quelque chose de l’Arménie je vous ferais découvrir la nourriture par exemple, qui est importante !(rires) Mais c’est vrai que ça n’a pas tellement d’influence sur ma carrière de chef d’orchestre parce que la musique arménienne est plutôt une musique traditionnelle, donc qui n’a rien à voir … Pour l’instant, il n’est pas du tout prévu qu’il y ait de la musique Arménienne à la Monnaie , sauf peut-être en clin d’œil, mais c’est pas pour tout de suite !

Alain Altinoglu est français, il est pianiste et chef d’orchestre, reconnu dans les principales maisons d’opéra : Metropolitan Opera New York, le Royal Opéra House Covent Garden, le lyric Opera of Chicage, le Teatro Colon de Buenos Aires, le Wiener Staatsoper, les trois maisons d’opéra de Paris… pour ne citer que ces maisons-là.

Très attaché au répertoire du lied, il accompagne régulièrement sa femme la mezzo-soprano Nora Gubisch . C’est en janvier 2016 qu’il prendra ses fonctions de directeur musical à la Monnaie.