Voir «trouble», une semaine de performances internationales.

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Le Festival Trouble des Halles de Schaerbeek a pour fil conducteur la «métamorphose de soi». Thèmes et variations intimes …ou politiques.

Un Festival, c’est un pari.



A la frontière des arts de la scène, des arts plastiques et du «body art», la performance flirte avec tous les arts  mais n’en épouse aucun. Elle ne prétend pas travailler pour l’éternité mais pour le plaisir de l’instant immédiat, hic et nunc, l’éphémère «ici et maintenant», avec un goût prononcé pour la prise de risque. Spectateurs non curieux, s’abstenir tout comme les hyper/perfectionnistes qui refusent l’éventuel ratage puisque dans la performance pas de critère absolu de qualité «moyenne»: c’est à prendre ou à jeter. Trouble un mot bien choisi pour un festival qui place la «métamorphose de soi» au cœur d’une programmation qui mêle art et politique. Ainsi en va-t-il de la plasticienne Oreet Ashery, qui s’intéresse au conflit israélo-palestinien. Mais elle le fait sous l’angle de la dérision …et du «poil» et des cheveux, symbole de virilité islamique ou biblique d’Arafat à Avigdor Lieberman, en passant par les barbus du Hamas. Avec un titre moqueur qui mêle cheveux et…héroïsme: Hair-oism!

On passe du politique à l’intime avec la Turque Esmeray qui dans Le Panier de la sorcière raconte sa vie de transsexuelle en Turquie. Esmeray accueillie, en outre via un film, au Festival Transgenres à la Bellone.

Humour.

Au total, une trentaine de performances internationales en cinq soirées composées. A voir, entre autres, au gré de vos humeurs, deux versions radicales de La mort du cygne , de Tchaïkovski, la «pop» de l’Autrichienne Doris Uhlich, et la «postcoloniale» de Nora Chipaumire, une Zimbabwéenne… de New York. Avec la Bruxelloise Nadia Schnock, apparition de l’humour loufoque: Mireille Mathieu, démultipliée en une dizaine de performeuses Mireilles. Humour français (mais oui) avec  Gilles Pastor et son intrigant «strip-tease forain», rasé au rythme de poules déplumées, dans Lily Coq à Boches .Humour érotique et parodique avec la Française Céline Proust et son titre provocateur: Un bon coup de fouet ça remet les idées en place.

Performance…muséale.

Trouble se décentre aussi aux Musées royaux des Beaux-Arts, où trois performeuses, disciples de Marina Abramovic, questionnent le nu dans la peinture ancienne. Quant au plasticien Emilio Lopez-Menchero, il tentera un dialogue avec Rubens. Cerises sur le gâteau: le Bulgare Ivo Dintchev propose un solo sur sa relation aux objets ou Steven Cohen, performeur sud-africain, dans Le Berceau de l’humanité, revient  sur le mythe d’Adam et Eve, via Darwin. Cocktail pour curieux, tel est le festival Trouble.

Festival Trouble, du 27 avril au 1er mai, aux Halles de Schaerbeek.Tél : 02/218.21.02. www.halles.be

Christian Jade (RTBF.be)