Stéphanie Pécourt, Connaissez-vous Manifesto ?

Stéphanie Pécourt
Stéphanie Pécourt - © Courtesy of Anouk & Co., Bruxelles

Le 28 février prochain a lieu Manifesto, la soirée de levée de fonds au bénéfice des artistes des Arts de la scène. à l’initiative de l’agence Wallonie-Bruxelles Théâtre Danse (WBT/D) et de sa directrice Stéphanie Pécourt. Rencontre.

Comment vous est venue l’idée de Manifesto, la soirée de levée de fonds à l’initiative de l’agence WBT/D, l’agence de promotion des Arts de la scène en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ?

Elle fait suite à l’étude statistique que l’agence WBT/D mène depuis trois ans sur la diffusion des Arts de la scène. À l’initiative de différents instituts équivalents au nôtre, en France, en Italie, en Espagne notamment, nous avons travaillé sur un questionnaire commun qui nous permet de mieux saisir la nature de la diffusion et de développer les dispositifs de soutien nécessaires. C’est la première fois que nous développons toute une stratégie à partir d’un diagnostic concret : le déficit de moyens est l’un des principaux obstacles à la diffusion internationale des compagnies.

Mener des stratégies à l’international implique des investissements en termes de ressources humaines et de temps. Nous le savons, les compagnies de la FWB sont des petites structures. L’organigramme moyen est composé de 2,3 personnes. C’est à dire rien. Ce qui signifie que développer une stratégie qui permet véritablement d’ambitionner une diffusion internationale, c’est quasiment impossible.

Sur la base de ce constat, nous nous sommes dits qu’il fallait dégager des moyens dans un contexte budgétaire qui ne peut plus dépendre exclusivement de l’appareil public. Pour nous, agence publique, il était nécessaire de développer une initiative au bénéfice des artistes qui permettrait de susciter l’intérêt du secteur privé. C’est vraiment l’objectif et l’ambition de la soirée Manifesto.

Le catalogue de vente des œuvres impressionne par sa diversité et sa qualité. Manifesto est aussi un curieux mélange de créativité (ou direction artistique) et de système martial parfaitement organisé : l’expo/vente y côtoie la performance live.

Ce qui caractérise la scène belge, voire même le label belge, c’est précisément la polymorphie de notre culture. Nous voulons faire la preuve, surtout dans un contexte où les discours sur la culture sont peu rassurants qu’il existe une scène artistique belge, internationale, forte et radicale.

Il nous semble important de dire : " Nous allons exprimer cette singularité dans toute sa diversité. " De plus en plus d’artistes travaillent de manière transversale. Louise Vanneste travaille avec le vidéaste Stéphane Broc. Ayelen Parolin travaille avec un scénographe. Transquinquennal travaille avec Simona Denicolai et Ivo Provoost. Les compagnies ne respectent pas le champ ontologique dans lequel ils sont supposés être. Et c’est cette essence-là que nous avons voulu saisir au travers de Manifesto.

Un des objectifs est aussi de dire aux artistes : " Dépassez vos propres frontières et travailler ensemble. " Nous pensons que les artistes qui s’y engagent, le font non seulement pour accompagner notre discours sur l’importance de la diversification des moyens financiers, mais aussi dans une perspective de rassemblement. Il nous semble qu’une forme de société, " la société Manifesto " est en train de se constituer. Au-delà de la soirée même, c’est vraiment l’envie de dégager des collaborations structurelles.

Comment avez-vous réussi à convaincre La Fondation Boghossian, le Cabinet d’avocats Eubelius, Ag real Estate, Champagne Laurent-Perrier, Maison Dandoy d’être les partenaires d’une soirée de fonds au bénéfice de l’internationalisation des Arts de la scène ?

Étonnamment, c’était simple. Je crois qu’on sous-estime l’envie d’une entreprise, d’une fondation ou d’un cabinet d’avocats de ne pas se résumer à ce qu’on considère leur core business. Nous avons trop tendance à cloisonner. Par exemple, le cabinet Eubelius qui est un des premiers cabinets d’avocats belges soutient, depuis cinq ans, la compagnie Artara. Ils ont développé un partenariat sur la base d’un apport financier et d’une mise à disposition d’un conseil juridique et d’infrastructures. Ils l’ont fait dans le cadre du principe de la responsabilité sociale de l’entreprise. C’est un principe qui a émergé dans la culture anglo-saxonne mais qui tend à percoler en Belgique.

Leur volonté est : " Nous avons une responsabilité vis à vis de nos clients mais aussi vis à vis de la société. Nous avons le devoir de promouvoir des valeurs, des engagements qui nous constituent. "

Que ce soit de la part d’Eubilius ou de Ag real Estate, nous avons rencontré un enthousiasme, un appétit de collaborer immense. Une seule chose les a surpris, c’est que la soirée Manifesto soit au bénéfice des Arts de la scène. Ils n’avaient pas envisagé le fait qu’ils puissent s’exporter et encore moins imaginé la qualité des œuvres créées en FWB. L’intérêt de soutenir l’art était présent, mais nous avons dû susciter leur intérêt pour les Arts de la scène. Ça a été à la fois un travail de pédagogie et un travail de missionnaire (sourire).

Ce qui est extrêmement positif, c’est que tous les partenaires de la soirée - la Fondation Boghossian, le Cabinet d’avocats Eubelius, Ag real Estate, Champagne Laurent-Perrier ou La Maison Dandoy - s’engagent à avoir un partenariat qui va au-delà de la simple tenue de la soirée. Il s’inscrit dans la durée.

La vocation de WBT/D est d’être une interface, un déclencheur, pas plus. L’objectif est de stimuler et de dire aux artistes : " Sachez que les partenaires privés sont à votre disposition mais c’est à vous de capitaliser ce que nous avons impulsé. " Manifesto est une initiative au bénéfice des artistes de la FWB. Certains l’ont déjà bien compris.

Vous avez donc déjà pensé à un plan général.

Oui. À l’issue de la soirée, nous allons éditer au bénéfice de tous les artistes de la FWB une sorte d’annuaire de tous les services de mécénat des banques, entreprises, fondations, etc. Il y en a beaucoup qui souhaitent investir. J’emploie le terme " investir " à dessein parce qu’ils le considèrent comme tel, sans vouloir autant dire : " rendement ". C’est autre chose.

Nous aidons aussi les artistes à tenir un discours audible. Depuis deux ans, en partenariat avec Prométhéa, WBT/D finance des inscriptions à des ateliers destinés à la rédaction de dossiers à l’attention d’entreprises privées. Tout ce travail de mise en contact avec les entreprises privées implique aussi la montée en compétences des compagnies et l’adoption d’un nouveau langage qu’il convient d’adopter, à l’instar d’une langue qu’on apprend. Nous aidons les compagnies à cibler véritablement leurs besoins et formuler leurs demandes.

Cela peut surprendre. En général il est très compliqué de susciter l’intérêt des mécènes privés en matière d’Arts vivants, à l’exception de l’opéra et de très grands noms de la scène, peut-être.

Il y a un déficit de connaissance. À l’exception de la Fondation Boghossian, la plupart des partenaires privés connaissent mal le secteur. Ils ont des idées, des noms qui sont pour la plupart ceux d’artistes flamands : Jan Fabre, Anne Teresa De Keersmaeker, etc. Le premier exercice a été de les convaincre de l’excellence.

Aux artistes, nous avons dit : " Vous, artistes des Arts de la scène, vous êtes un entrepreneur comme un autre. Créer, c’est entreprendre. Autrement dit, vous êtes une mini-entreprise. " Aux partenaires privés, nous avons dit : " Les artistes sont vos alter ego. Les Arts de la scène ont le même degré d’excellence que celui qui existe dans votre secteur. " Nous avons tenu le discours de " La Fédération des porteurs d’excellence ", " La Fédération des créateurs ".

Le travail accompli n’est pas évident. C’est un travail de conviction, salutaire aussi bien pour nous, que pour les artistes ou les partenaires privés auxquels nous posons la question de leur identité. Comment veulent-ils être identifiés ? À quelles valeurs souhaitent-ils s’identifier ?

Concrètement comment s’est déroulé le choix et votre collaboration avec les artistes ?

Nous avons lancé une sorte d’appel. En toute sincérité, beaucoup d’artistes des Arts de la scène étaient très réticents. Beaucoup ont exprimé d’emblée et parfois de manière assez verte leurs craintes de voir le secteur privé s’immiscer dans le secteur public. Font partie de la soirée, les artistes qui en ont fait le pari et ceux qui peuvent le faire de manière très généreuse.

Il s’agit d’une soirée de levée de fonds que certains qualifient de charité. Toutefois, si on doit comparer les budgets imputés à la soirée à ceux de soirées équivalentes LVMH à Paris, ils sont très modestes. Premier critère, il fallait solliciter l’adhésion des artistes et un investissement qui ne serait pas lucratif.

Second critère, nous nous sommes adressés à des artistes dont le travail est évidemment ambassadeur de notre excellence à l’étranger. Nous avons contacté, entre autres, Salvatore Calcagno, Fabrice Murgia, Ingrid Von Wantoch Rekowski, des artistes à la signature évidente.

Nous attendons un public qui n’est pas coutumier des Arts de la scène. Il était nécessaire d’avoir des propositions visuellement percutantes et diverses. Nous avons fait un choix de curateur portant sur des formes très radicales.

J’ai rencontré à peu près cent cinquante artistes plasticiens dont un bon nombre " basé à Bruxelles ". J’insiste bien sur " basé à Bruxelles " parce que la plupart sont étrangers. Je pense que c’est une force de notre champ artistique belge. Elle lui donne une coloration particulière. Je les ai rencontrés un à un. Nous avons eu d’excellents échanges, tous n’ont pas abouti à une collaboration. Certains artistes m’ont dit : " Je ne sais pas ou je vais voir comment ça se déroule. " D’autres nous ont dit : " Pourquoi je vendrais mon travail au bénéfice d’artistes d’Arts de la scène qui vont s’exporter ? "

Mais les quatre-vingt artistes présents à la soirée Manifesto ont fait le choix délibéré de s’investir dans une action qui a pour vocation de stimuler les rapports entre privé et public au bénéfice des Arts de la scène. Je salue vivement et avec une admiration totale les artistes qui ont accepté de le faire.

Le catalogue est composé à la fois d’artistes confirmés : Pascal Bernier, Pascal Courcelles ou Julien Maire. Et d’artistes beaucoup plus jeunes : Kim De Molenaer, Léa Mayer, etc. Les générations, les univers sont très différents mais tous sont nourris par la même envie de se fédérer, de travailler différemment, hors cadre. C’est ça qui constitue la " Société Manifesto ".

Manifesto semble marquer un changement dans la manière de travailler de WBT/D. Est-ce vous partagez cette analyse ?

Depuis que nous avons mené cette étude sur l’état de la diffusion internationale, nous avons effectivement procédé à une montée en compétences et en expertise de l’agence. L’agence est ce qu’elle est. Elle est relativement peu dotée en regard des potentialités et de la qualité des œuvres que nous sommes supposés promouvoir.

Nous avons voulu faire de l’agence un pôle d’expertise. Ce qui suppose de procéder à des choix et d’élaborer une stratégie. Pour professionnaliser le secteur, il faut se doter d’outils professionnels : des formations menées en collaboration avec Prométhéa ou des séances de coaching au bénéfice des chargés de production et de diffusion.

L’agence WBT/D s’est professionnalisée, elle a aussi mis son discours au niveau de celui des autres instituts européens et permis aux chargés de production et de diffusion qui sont ses premiers partenaires de développer de nouvelles compétences. L’agence a un rôle d’interface.

Je lie intentionnellement la diffusion à la production. Car sommer l’agence WBT/D de mener un travail de diffusion sans considérer que la production est importante, c’est un non sens. Depuis deux ans, nous développons un dispositif de stimulation des coproductions internationales. Les résultats sont encore modestes. L’année dernière, on a fait en sorte que onze coproductions se dégagent. " Onze ", c’est mieux que rien, c’est un signal.

L’objectif est aussi de dire : " Si nous travaillons sur la diffusion, nous devons travailler sur une internationalisation des coproductions. " Penser qu’on va vendre un projet - pour le dire très brutalement - comme " un produit belge ", ça n’a plus aucun sens, il est nécessaire d’internationaliser la phase de production. Faire en sorte, par exemple, qu’un jeune metteur en scène comme Salvatore Calcagno soit coproduit par Turin, par l’Allemagne et la Suisse. Et qu’il puisse tourner dans ce réseau-là.

Nous essayons d’être à l’avant garde aussi de la production et de la diffusion. Je crois que le discours sur l’importance d’internationaliser la production est maintenant bien saisi par les compagnies. La prochaine étape est de faire en sorte que nos scènes de production qui accompagnent les compagnies soient véritablement le fer de lance de l’internationalisation des pratiques. Pour nous, l’enjeu futur est que les scènes viennent avec nous dans les salons internationaux. Et que les projets qui sont présentés au Kunstenfestivaldesarts, par exemple, soient coproduits au minimum par quatre ou cinq partenaires étrangers. Cela nous semble fondamental.

Vous dirigez WBT/D, depuis quelques années, en quoi est-ce différent de promouvoir les artistes à l’international aujourd‘hui que les budgets Culture s’amoindrissent un peu partout ?

Paradoxalement, c’était beaucoup plus difficile les premières années parce que le secteur était moins professionnalisé. Auparavant 60% de la diffusion des compagnies théâtre, danse, arts de la rue se faisait en France. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, de nouveaux pays ont émergé : le Brésil, le Mexique, etc.

Le contexte économique qu’on peut qualifier de " crise " a radicalement changé la donne. Mais le mot " crise " venant du mot " crisis ", " opportunité ", offre de nouvelles possibilités. Étrangement, pour nous, le travail de production et de diffusion est plus efficace, aujourd’hui.

Je pense que la grande difficulté, et tous les chargés de production et de diffusion le confirmeront, c’est que le travail repose essentiellement sur un travail de réseau. C’est un travail de longue haleine. C’est frustrant parce que dans un premier temps, on n’obtient aucun résultat. On rencontre beaucoup de programmateurs, on les réinvite. Certains reviennent mais n’achètent pas nécessairement.

Cela fait maintenant sept ans que je dirige l’agence WBT/D, nous avons tissé depuis de vraies relations de la confiance basées aussi sur le degré d’exigence. Je pense notamment à l’Arsenic en Suisse, le Festival Panorama au Brésil, la FIAF à New York, etc.

La difficulté pour une agence comme la nôtre qui a vocation à représenter la scène dans son intégralité, c’est de dire à un programmateur étranger que toutes nos compagnies sont " bonnes " parce qu’elles sont de la FWB. Cela ne veut rien dire parce qu’il mène des choix de curateur, parce qu’il mène une direction artistique, etc.

Si nous sommes parvenus à crédibiliser les missions et le rôle de l’agence, et les partenariats, c’est parce que nous sommes devenus plus exigeants par à rapport aux projets qu’on accompagne. Les degrés d’exigence se formulent sur des questions artistiques et la potentielle adaptabilité des projets proposés. Est-ce qu’il est opportun de s’acharner à vendre un projet au Mexique quand il y a une distribution de seize personnes ? Non.

L’agence a mûri et les compagnies, aussi. Travailler à l’international, c’est travailler aussi sur la question des formats et du répertoire. Si on examine les compagnies qui circulent, le secteur fort qui tourne, est celui de la danse. Plus de 63% du secteur de la danse tourne à l’étranger. C’est le secteur où on rencontre le plus haut taux de coproduction, de résidences à l’étranger et d’internationalisation des pratiques. Après sept ans, nous ne pouvons pas tirer un bilan mais déjà quelques objectifs.

Quelle est votre marge de manœuvre ?

Nos tutelles publiques nous accordent une très grande confiance. Nous sommes subventionnés par le Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Wallonie-Bruxelles International et Bruxelles Invest & Export. Chaque année, nous remettons un plan d’action et un bilan sur la base desquels on valide (ou non) les stratégies développées. Notre marche de manœuvre est relativement souple mais souvent surestimée par les compagnies. Par exemple, tous les focus menés à l’étranger qui sont des sortes de vitrines dédiées à la création belge francophone, ne sont pas programmés par WBT/D mais directement par les programmateurs étrangers. Nous avons seulement un rôle déterminant dans le choix des spectacles soumis aux programmateurs. L’année dernière, nous avons invité cent quatre-vingt programmateurs. L’année précédente, cent soixante. Le rôle de l’agence est d’être une interface, un stimulus et un pôle d’expertise. Pas plus mais c’est déjà beaucoup (rires).

Que retirez-vous de votre expérience globale de directrice de WBT/D ?

Le secteur des Arts de la scène a beaucoup évolué en termes d’émergence de nouvelles compagnies, de discours, de stratégies et d’esprit entrepreneurial. C’est très satisfaisant d’en mesurer les conséquences et de considérer que, dans une certaine mesure, nous sommes un des protagonistes. Le bilan est très satisfaisant. Le secteur a des potentialités fabuleuses.

Certains talents nécessiteraient d’être accompagnés mais les budgets alloués sont limités. Le budget de l’agence est de 153 000 euros par an. Si on prend l’intégralité des compagnies qui s’exportent - toutes ne le font pas et n’ont pas vocation à le faire -, elles sont au nombre de soixante, tous secteurs confondus. Notre marche de manœuvre est très limitée dans les collaborations qu’on peut mener avec nos partenaires à l’étranger.

Cette année, si nous prenons l’exemple de notre collaboration avec le Hong Kong Art Centre qui est l’institution majeure Hongkongaise, notre apport est " ridicule ". Heureusement que nous avons une crédibilité professionnelle et des projets forts. Les partenariats qu’on peut dégager sont à un degré d’asymétrie très important. Le but de l’opération Manifesto est de dégager des moyens additionnels qui seront à la hauteur de la qualité intrinsèque des projets défendus.

Le bilan est globalement positif, même si je souhaite qu’on dote plus les agences. Et je ne parle pas seulement de WBT/D. Je pense qu’il faut mener une politique transversale. Si on prend la politique européenne de la culture, elle porte sur l’enjeu des industries culturelles et créatives. Il serait grand temps d’imaginer des collaborations accrues entre les différentes agences de design, mode, architecture et musique. Nous travaillons pour l’instant de manière distante. Je suis pour une mutualisation des moyens, des compétences et des réseaux. On est plus fort si on tient un discours fédérateur, transversal.

Je suis de nature optimiste. Je pense que nous sommes à un moment paradigmatique. Je suis certaine que c’est pour un mieux.

Qu’est-ce qui vous fascine le plus dans les Arts de la scène ?

C’est amusant parce que je suis tout sauf quelqu’un de religieux, j’ai horreur des dogmes. Pourtant j’ai envie de dire un mot : la foi. Le degré d’investissement me fascine par à rapport au retour. J’ai rencontré un nombre certain de créateurs et si, parfois, les égo m’ont fait sourire, ce qui est évident c’est le talent, l’investissement et la volonté. La conviction qui est celle de se dire : " Je suis au bon endroit et j’ai le droit de. "

J’ai le sentiment de participer à la conservation des possibilités. J’ai étudié l’épistémologie et ce qui m’a toujours surprise, c’est les limites de champs. Je crois que travailler dans le secteur des Arts de la scène, c’est précisément transcender les limites. Créer, c’est à la fois insuffler un message de subversion et un message d’avenir. Ce qui me fascine, c’est avant tout les créateurs. Je suis subjuguée par eux.

 

Entretien: Sylvia Botella, réalisé le 22 février 2015

 

L’accès à la soirée Manifesto est strictement réservée aux 500 détenteurs du Golden Ticket numéroté vendu au prix de 50 euros. soireemanifesto@gmail.com

https://www.facebook.com/events/619949591466492