"Sans ailes et sans racines" / Hamadi et Soufian El Boubsi

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Vu à Avignon cet été et digne d'intérêt. En ces temps où on reproche souvent aux modérés de l'Islam de ne jamais s'exprimer, voilà une pièce qui donne sa chance à la parole symbolique plutôt qu'à la brutalité de l'affrontement physique.



Sans ailes et sans racines : générations Islam

Critique:***
Ce dialogue père-fils, à la fois "réel"(un vrai père et un vrai fils , tous deux comédiens et écrivains) et "imaginaire", (puisque, dans la réalité, père et fils sont des laïques convaincus). Mais lucides sur la crise des jeunes générations musulmanes en quête agressive d'identité.

En scène, Hamadi, un vieux routier des scènes belges et son fils, Soufian El Boubsi, jeune acteur prometteur. Tous deux auteurs du texte, ils interprètent un conflit de génération intra musulman,  entre un père inspiré par l’esprit des lumières et un fils qui l’accuse de trahir l’Islam et d’être vendu à l’Occident. Deux monologues musclés qui résument deux rêves incompatibles : la religion comme viatique identitaire agressif ou la philosophie laïque, qui risque de fondre la personnalité du père dans un  bain de rationalité sans frontières. Les arguments assez «carrés», parfois sommaires, portent leur poids d’actualité et font mouche sur un public ( jeune et moins jeune) pas nécessairement immigré, qui y retrouve ses interrogations.

On leur souhaite, à Bruxelles,et ailleurs, d'attirer toutes les générations et tous les publics. Il y a là un beau débat pour de jeunes adolescents, issus de l'immigration et leurs copains de classe (ou d'Univ) "autochtones". Que les profs qui me lisent utilisent cet  affrontement verbal de  qualité pour amener leurs élèves au théâtre (premier but) et animer les discussions en classe (deuxième but).

C'est du win-win, "gagnant-gagnant" assuré.

Sans ailes et sans racines, au Théâtre Le Public, du 13 avril au 8 mai. Info : www.theatrelepublic.be



Christian Jade