"Nathan le Sage", une leçon de tolérance bienvenue.

 Alors qu’au théâtre, la mode serait plutôt à la performance au détriment du texte, il est réconfortant de découvrir une fable philosophique, légère et solide à la fois.



Critique:**

 Légère, parce que Lessing, au XVIIIe siècle, parle des affrontements des trois religions du Livre, catholique, juive et musulmane avec humour et élégance. Goethe considérait à juste titre ce texte comme un chef d’œuvre de l’esprit des lumières.

Christine Delmotte l'avait déjà mis en scène en 1994, avec une scénographie plus légère et poétique, à la Peter Brook. Cette fois un curieux mur coupe la scène en deux, très impressionnant quand il s'allume dans les ombres de la  nuit, un peu lourd "au repos". Une allusion,sans doute, au mur qui sépare les territoires occupés de Cisjordanie et Israël.

Solide parce que l’action, qui se déroule à Jérusalem, au temps de la troisième croisade, met aux prises un templier et un juif sage, Nathan dont le conflit est arbitré… par le sultan Saladin. Christine Delmotte, dirige, en douceur, d’excellents acteurs dont Daniel Hanssens, Nathan et Soufian El Boubsi, Saladin. Quel bonheur de retrouver un possible dialogue des religions !

Nathan le Sage, de Lessing, jusqu’au 3 avril au Théâtre des Martyrs.

Info : www.biloxi48.be

Christian Jade