Lorent Wanson – Une Aube Boraine, la création se fait en marchant

Lorent Wanson
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Ainsi va Une Aube boraine… un projet de deux ans dans le cadre de Mons 2015, une longue marche dans le Borinage, 350 personnes, 11 formats différents, des monogravies…Conversation au long cours avec son créateur Lorent Wanson. L’âme est noble, le projet aussi.

 

Il y a quelque chose d’assez évident à vous voir créer Une Aube boraine. On y retrouve votre goût de l’autre et votre réflexion sur la communauté, les individus et leur prise en compte (ou non) par la société.

Je fais partie des metteurs en scène qui ont eu de la chance. Je suis très vite entré au Théâtre National qui était dirigé par Philippe Van Kessel où il était possible à la fois de travailler sur le répertoire et de chercher ailleurs. Je me suis rapidement aperçu qu’en dépit du succès public, la composition du public n’était pas suffisamment représentative de l’ensemble de la société pour satisfaire l’obsession qui m’habitait : le théâtre de service public, la démocratisation culturelle. Raison pour laquelle j’avais choisi de faire du théâtre. (Aujourd’hui, nous avons le sentiment que ces questions sont récupérées pour des raisons politiques et perdent de leur contenu)

Même si les salles étaient pleines, j’avais l’impression qu’une partie de mon travail qui était basée sur la remise en question de la démocratie, de la participation démocratique n’opérait pas pleinement. Mon obsession avait moins un caractère missionnaire qu’un caractère scénographique. Je me demandais jusqu’à quel point mes spectacles pouvaient être représentés s’ils ne suscitaient pas le frottement démocratique, l’opposition des idées et l’esprit contradictoire.

Je pense que mon théâtre était assez idéologique avec des idées très volontaristes (rires). Dans les années 1990, nous voulions mêler les différents publics. Il y avait, là, un message un peu messianique (sourire).

En 1998, nous avons développé toute une série d’initiatives au Centre Culturel de Colfontaine. Nous avons ouvert, par exemple, les répétitions de Sainte Jeanne des Abattoirs de Bertold Brecht aux délégations syndicales des usines. Elles pouvaient y participer en débattant, en répliquant. Elles y apportaient du réel. La pièce, transposée à Chicago, était une métaphore du capitalisme et de sa voracité ; une vision encore pertinente, aujourd’hui.

En dépit de ma grande admiration pour Brecht, je me suis rendu compte que la part de réel qui m’était chère, résidait dans l’ouverture du processus de création au public.

J’ai mis en scène Les Ambassadeurs de l’Ombre, ma première pièce à caractère participatif dans le cadre de Bruxelles 2000. À partir de ce moment-là, la dimension idéologique de mon travail de mise en scène s’est renversée. Au contact de la réalité des personnes et de ses contradictions, j’ai pris conscience des limites de l’idéologie et de la morale et combien il était nécessaire de les mettre constamment en chantier.

Mon travail ne consiste pas seulement à donner la parole aux Invisibles - ce serait un acte missionnaire. Il s’agit aussi de les faire participer au processus de création. Ce qui, in fine, touche au processus démocratique, à la réalité des autres, aux cultures propres, y compris populaires.

Dans l’édito d’Une Aube boraine, vous écrivez : " tenter de donner écho au silence ".

Oui, parce qu’eux-mêmes ne se considèrent pas dignes d’intérêt. Lorsque nous avons créé le spectacle Les Ambassadeurs de l’Ombre, il comportait trois parties et était composé de professionnels et de non professionnels. Je leur avais demandé de jouer une scène sur la pauvreté qui était, pour moi, une mise en caricature volontaire de la question de la non culture supposée de ceux dont nous parlions. Les familles qui étaient venues voir la pièce, avaient beaucoup aimé cette scène. Cela m’avait profondément troublé.

Mon obsession a toujours été de dire : la question culturelle est toujours donnée à voir comme quelque chose de monolithique souvent confondue avec la question d’art. Or, l’élévation d’une société, n’est pas seulement une question de formes, c’est aussi une question de retranscription de ce qui est, de ce qui perdure et de ce qui se transmet de génération en génération.

Il s’agit de dire : " nous allons faire un travail qui va considérer le phénomène de culture de l’autre. " La question essentielle est : comment y parvenir ? Comment parvenir à faire entendre cette culture populaire qui raconte beaucoup de notre histoire ?

Grâce au spectacle Les Ambassadeurs de l’Ombre, toutes les questions théoriques de citoyenneté sont devenues, au fil des années, le matériau humain de mon travail.

Il n’est plus question de dire : " nous allons parler de citoyenneté. " Au sein même du processus de création, nous tentons de fabriquer de la citoyenneté horizontale, comprenant aussi bien les artistes qui y participent que les personnes qui y assistent.

Pour Une Aube boraine, il était clair que les clients du café, les associations sportives et que tout ce qui n’est pas de l’ordre de la culture, devaient participer à l’élaboration d’une parole plurielle.

L’ampleur du Projet Une Aube boraine est impressionnante : un projet de deux ans, 350 personnes, 11 formats. C’est une espèce d’entrée dans la matière Borinage sur plusieurs fronts. Il semble d’une netteté de conception et d’exécution sidérante. Comment avez-vous travaillé ?

À la différence du projet Africare (2007) qui repose pourtant sur la même philosophie, le projet Une Aube boraine n’a pas cessé d’évoluer. Il y a deux ans et demi, j’aurais été incapable de dire ce qu’il en résulterait. Au final, ce qui en résulte est plus intéressant, plus protéiforme et plus ambitieux que ce qui aurait pu naître d’un travail immersif menant à un grand événement spectaculaire avec des feux artifices, etc. (sourire). Peut-être que cela émergera plus tard. Car le processus d’Une Aube boraine ne s’achève pas avec Mons 2015, il court toujours.

Une Aube boraine s’est déroulé au rythme de la vie. Une des premières étapes a été d’envoyer quinze acteurs parcourir à pied le Borinage durant trois jours et de les perdre. La plupart des projets qui existent, aujourd’hui, sont nés de cette marche, de cette découverte.

Le processus – et je l’affirme dans le Manifeste - est de tenir compte des procédés de partage. Tout passe par la rencontre.

Si nous sommes parvenus à accomplir autant, c’est peut-être parce que nous n’avons jamais voulu être rentables. Nous n’avons jamais voulu produire. Les différents projets se sont précisés, au fur et à mesure, des rencontres. Ils sont nés du processus-même. Par exemple, c’est en faisant les premiers apéros-rencontres participatifs, que nous nous sommes aperçus qu’il fallait les poursuivre tous les deux mois.

Il y a des projets plus spectaculaires tel que C’est presque au bout du monde représenté au Festival au Carré. Mais ils ne correspondent pas totalement à ce que nous voulons.

Peut-être avons-nous abandonné une donne plus institutionnelle pour approfondir d’autres niveaux ? Nous nous sommes, en effet, installés dans un café qui jouxte la salle du Centre culturel de Colfontaine. Nous avons joui d’une salle de répétition qui est celle de l’Ensemble instrumental de Colfontaine. Pendant deux ans, nous avons été dans un confort incroyable. C’est étonnant d’affirmer cela car la précarité est grande dans le Borinage. Lorsque nous étions en filage, nous pouvions demander aux clients du café d’y assister. Nous avons inscrit la création dans la réalité régionale.

C’est ce qui sera particulier au Théâtre National à Bruxelles où nous présenterons quatre monogravies. Comment allons-nous transposer la Maison du Peuple dans un dispositif frontal au Théâtre National ? Mais nous faisons confiance aux qualités, simplicité et humilité très grandes des formes qui seront présentées. Leur humilité est leur particularité, elles peuvent être jouées n’importe où.

Avez-vous donné des consignes particulières aux artistes qui ont créé les monogravies ?

C’était moins des consignes que des recommandations que je leur ai données, avant qu’ils ne partent marcher. Après certains projets se sont développés et d’autres, non. Nous avons dû opérer des choix.

Lorsque nous avons déposé le dossier de candidature d’Une Aube boraine, le projet était encore plus protéiforme et plus intenable, artistiquement et logistiquement. Nous avons donc fait un pari sur les artistes impliqués dans le projet.

Notre processus de travail reposait essentiellement sur la notion de porosité qui, elle-même, reposait sur ce qu’étaient les artistes. Autrement dit, il s’agissait pour les artistes de retourner à leurs propres racines pour entrer dans une relation à l’autre. Il était étonnant d’observer à quel point cela les renvoyait à ce qui leur était propre. Par exemple, Denis Laujol qui joue dans Porteur d’eau avait projeté de faire une carrière de coureur cycliste avant de devenir comédien.

Nous avons aussi parié sur le futur des projets. Théâtre Épique est seulement un incubateur. Après, demeure la question du développement. Il appartient aux acteurs de trouver les structures de production qui permettront à leurs créations de perdurer, au-delà d’Une Aube boraine. Théâtre Épique est dans l’incapacité matérielle d’accompagner sur la durée sept projets. Nous avons dit aux artistes : " vous travaillez à une forme d’autonomisation. Nous commençons à accompagner vos projets artistiquement, à la production et à la diffusion afin que vous puissiez, à votre tour, vous en chargez. "

Une Aube boraine est un projet participatif. Comment gagne t-on la confiance des habitants ?

Elle n’est jamais complètement acquise. Elle est toujours à reconstruire. C’est en étant, à la fois présent, à l’écoute et au plus proche de leur réalité qu’on y parvient. Et en leur demandant en contrepartie qu’ils soient aussi dans l’échange. Comment construire des liens durables ensemble ? Que ce soit avec un club de foot ou une institution ?

Dans Une Aube boraine, tout en étant conscient des réalités, il y a la volonté de tisser, autour de chaque projet, un réseau imaginaire mêlant petites structures et grandes institutions : Le Manège de Mons, Le Grand Hornu, le Club de Boxe Thaï de Frameries ou la Maison des Jeunes de Pâturage. Et c’est toute l’ambiguïté et la difficulté d’Une Aube boraine. Mais il est clair qu’au regard du projet à venir – une forme de témoignage complet d’Une Aube boraine -, ce réseau jouera un rôle déterminant dans la diffusion.

Qu’est-ce qui concrètement a échappé à votre contrôle ?

Beaucoup de choses, beaucoup plus que pour un projet comme Africare qui était sous mon contrôle. J’ai lâché prise. D’ailleurs, vouloir l’autonomie des formes et des discours sans lâcher prise aurait été antinomique. C’est la première fois que je laisse une telle autonomie à un projet et que j’accepte même d’être en désaccord avec certaines directions prises (sourire).

Nous avons néanmoins décidé de réorienter ou postposer certains projets jugés trop décalés comme le projet Spartacus.

Au regard des onze types de format, il est impossible d’avoir la main mise sur l’ensemble. Pour les premières marches, le principe, était que les acteurs parcourent le Borinage à pied. Et qu’ensuite, on leur donne rendez-vous ainsi qu’aux personnes qu’ils avaient rencontrées dans le Charbonnage. Il s’est passé des choses inimaginables, échappant à tout contrôle, tant au niveau politique que poétique. Ce qui correspond bien au besoin immense de parole dans le Borinage.

Je pense que pour un projet comme celui-ci, le non contrôle participe autant que le contrôle à la force et à l’émotion.

Qui est ce " nous " borain ? Comment se constitue-t-il ? Se rassemble -t-il ?

Lorsque j’ai créé des projets, que ce soit au Chili ou au Congo, le processus était similaire : donner la parole aux invisibles. Il y a toujours eu des frottements au moment des créations dans les pays concernés. Ils ont toujours suscité une grande émotion. Ici, il était plus difficile de faire entendre cette parole-là aux habitants du Borinage, y compris à Mons. Elle manquait peut-être d’exotisme (sourire).

Ce qui m’émeut, dans le Borinage, c’est l’extrême tension qui existe entre le présent et le passé. Aujourd’hui, le climat social est compliqué, voire très violent. Cette région a les plus hauts taux de chômage. C’est l’endroit où le capitalisme a créé le choc social le plus grand, l’abandon le plus grand. Et dans le même temps, c’est cette région minière qui a fait que la Wallonie et la Belgique ont été les plus riches d’Europe, voire du monde, dans l’Histoire. Les populations du Borinage ont été un peu les dindons de la farce, elles ont produit les richesses de la région wallonne et de la Belgique - au même titre que les Congolais - sans jamais en profiter réellement.

Le " nous " borain nous raconte beaucoup d’un " nous " universel. Dans l’hypra-local des campagnes envahies par les mines et jusqu’à la fermeture des Charbonnages dans les années 1970, il y a eu de nombreuses vagues migratoires : flamandes, italiennes, polonaises, syriennes, africaine, etc.

La population boraine qui a fait la richesse du pays, est, aujourd’hui, stigmatisée. Sévit l’a priori de l’imbécile ou du désocialisé qui est aussi multiculturel. Dans les années 1960, plus de vingt-neuf nationalités travaillaient dans les mines. Lorsqu’un danger survenait, il fallait qu’elles communiquent entre elles. Elles avaient donc inventé des formes de langages qui étaient des mix de langues. Ils ont fait évoluer le patois borain.

Porteur d’eau de Denis Laujol convoque le coureur cycliste Florent Mathieu qui était un porteur d’eau : faire en sorte que tout se passe bien pour que le champion gagne. C’était une gloire boraine locale. Pourtant, il y a, ici, l’acceptation de son humilité en tant que borain. Il n’y a pas de chauvinisme borain.

Et puis, il y a ce que j’ai rencontré très rarement. On a tellement fait de promesses non tenues aux habitants du Borinage, ils se sont sentis tellement rejetés, tellement loin de Mons… qu’ils ne croient plus aux promesses. Après, cela a peut-être un peu évolué.

Cependant lorsqu’on parvient à tisser une vraie relation avec ses habitants, le Borinage est sans doute une des régions les plus conviviales qui soit, dotée d’un courage incroyable. Je n’ai jamais vu autant de bénévoles s’occuper de clubs de foot, d’académies musicales, etc. afin que la région ne sombre pas complètement dans le marasme. Et cela, de manière simple, conviviale et franche. Bien évidemment, ce serait une grossière erreur d’angéliser. Comme dans toute société où règne le chômage, beaucoup de systèmes de débrouille à la limite de la légalité se développent. Mais il existe une vraie solidarité. On le voit bien dans le projet de fin d’étude des 3ème d’année d’Arts au carré de Mons ; classe dirigée par Frédéric Dussenne. Lorsqu’ils sont allés à pied à la rencontre des habitants, l’expérience était très émouvante.

Une Aube boraine, c’est essayer de développer socialement, politiquement, poétiquement et philosophiquement quelque chose qui est la base-même de notre rapport au monde : aller à la rencontre. C’est faire du théâtre mais boire des verres ensemble, aussi. Et dire : " le théâtre, c’est à la fois anodin et sacré. " Une des volontés du projet est de recréer du sacré, du rituel et du croisement. C’est peut-être contradictoire mais il s’agit de démythifier le rapport à la " sériosité " tout en créant d’autres formes de mythification, de rencontres et de partages.

Une Aube boraine poursuit sa route au Théâtre National à Bruxelles. Pouvez-vous nous dire quelques mots à ce sujet ?

Nous allons essayé de faire en sorte que les trois soirées au Théâtre National racontent le projet à travers quatre monogravies, des projections, des moments de convivialité et des surprises.

Si on voulait faire Une Aube boraine dans sa globalité, il faudrait des journées de quarante-huit heures ininterrompues (sourire). Nous avons donc choisi les formes les plus simples et les plus humbles qui abordent nos réflexions dans leur entièreté. Il y a le projet Tu n’avanchras djamin tout seu’ de Sébastien Bonnamy, il traite de la la multi-culturalité et de la convivialité. C’est un projet de café.

Il y a Hors-Jeu de Violette Pallaro, un projet étonnant qui raconte bien le cheminement d’Une Aube boraine. C’est presque du théâtre documentaire voire du théâtre reportage, il croise le destin d’un petit club de foot local, le Royal Sporting Club de Wasmes et la fermeture d’une usine à Frameries à travers la figure centrale de Salvatore, gérant bénévole du club et militant syndicaliste. Nous sommes au cœur de ce qui fait la culture. Car si une usine ferme, c’est le risque de voir disparaître le bénévolat sur lequel repose un club qui a son tour risque de disparaître.

Il y a Porteur d’eau de Denis Laujol que nous avons déjà évoqué.

Et enfin, Ma pucelette de Laura Fautré qui trouve ses origines dans la pucelette de Wasmes, une tradition religieuse et folklorique. C’est l’histoire d’une petite fille qui a été sauvée des griffes du dragon par le chevalier Gilles de Chin. Laura Fautré est allée à la rencontre de la pucelette. Elle a interviewé des pucelettes, toutes générations confondues et en a fait un spectacle, interrogeant la figure du dragon, aujourd’hui. Laura Fautré avait quatre ans au moment de l’affaire Dutroux, elle se pose beaucoup de questions. Est-ce que l’enfant ne serait pas devenu un marché provincial comme un autre ? Que sont devenus les dragons ?

Porteur d’eau de Denis Laujol sera également au Théâtre de Liège en décembre prochain et ailleurs.

Oui, le spectacle Porteur d’eau a déjà quatre-vingt-dix dates à son actif. Il sera au Théâtre de Liège, au Théâtre Le Public et à Bozar à Bruxelles, au Théâtre Royal de Namur, à La Maison de la Culture à Tournai et à Avignon. La Charge de Rhinocéros a pris le relais de la diffusion du spectacle.

C’était la volonté du réseau imaginé, essayer de trouver des points de chute pour chaque projet. Mais il y a déjà beaucoup de projets qui ont été joués. Pense avec les mains d’Yvain Juilliard que nous avons coproduit avec le Théâtre de la Communauté de Seraing s’est déjà joué une centaine de fois.

Nous essayons de trouver les structures de production qui soient les plus justes pour les projets. Mais il appartient aux comédiens de trouver leur mouvement propre. Et puis, il y a des spectacles qui vont devenir des films comme Fight d’Émilie Maréchal.

Quels sont vos projets, aujourd’hui ?

Il y a Lehman Trilogy de Stefano Massini avec Pietro Pizzuti, Angelo Bison et Fabrizio Rongione que je mettrai en scène en juin 2016 au Rideau de Bruxelles. Fabien Fiorini et Alain Franco seront au piano. C’est une pièce en épisodes conçue comme une saga américaine sur la faillite Lehman Brothers qui a entraîné la crise financière de 2008.

Nous avons toujours la volonté de développer Spartacus raconté par l’ex-syndicaliste de radio. La philosophie d’Une Aube boraine a toujours été de se donner les moyens mais aussi de se donner le temps nécessaire et de ne pas courir après les résultats. D’ailleurs, une des étapes du projet s’appelait C’est le temps de cuisson qui importe. Je pense qu’il est important, dans un espace-temps de la rentabilité et de l’urgence, d’apporter un regard autre même s’il est compliqué de convaincre les institutions et les politiques actuels.

Nous aimerions faire un projet autour d’Une Aube boraine qui rassemblerait le travail accompli. J’y raconterais l’aventure, accompagné par Fabian Fiorini au piano qui a suivi toute l’aventure, avec des images sur écrans qui convoqueraient toutes les personnes rencontrées dans les charbonnages et dans les divers lieux dans lesquels nous avons travaillé.

Et comme je suis quelqu’un d’hyperactif, peut-être qu’il y aura d’autres projets (rires).

 

Entretien réalisé par Sylvia Botella

 

Une Aube boraine de Lorent Wanson, du 15 au 17 octobre 2015 au Théâtre National à Bruxelles.

Porteur d’eau de Denis Laujol du 20 au 30 décembre 2015 au Théâtre de Liège ; Du 27 au 29 janvier 2016 à La Maison de la Culture de Tournai ; le 23 février 2016 à Bozar à Bruxelles ; du 12 au 24 février 2016 au Théâtre Royal de Namur ; du 9 mai au 30 juin 2016 au Théâtre Le Public, etc.

Lehman Trilogy mis en scène par Lorent Wanson, du 24 mai au 11 juin 2016 au Rideau de Bruxelles.