Le Tour du monde en 80 jours, inventif, emballant.

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Le roman de Jules Verne, adapté par Thierry Janssen, est un spectacle populaire, pouvant rassembler toutes les générations dans la bonne humeur. Le décor, séduisant et fonctionnel, de Ronald Beurms, entraîne les acteurs et le public dans une folle sarabande plébiscitée par un public ravi.



















Critique: ****

Le nouveau directeur du Théâtre du Parc, Thierry Debroux, veut débuter chaque saison par une «fête» théâtrale tous publics. Après Capitaine Fracasse (2009), il signe un deuxième succès qui le conforte dans son idée: garder le public de base, amateur de textes du répertoire et de beaux décors. Mais lui soumettre progressivement des textes plus contemporains et plus risqués. Pari tenu : selon une tradition vieille comme le Parc, le décor a été applaudi, avant les acteurs!

Un décor spectaculaire, une machine à surprises.

Il faut dire que ce décor (de Ronald Beurms) est non seulement spectaculaire dans sa forme circulaire, surmontée d’un globe terrestre escamotable ou transformable, mais parfaitement adapté à ce voyage qui traverse tout l’Empire britannique de la fin du XIXè siècle, de Londres à Hong Kong et au Japon en passant par Bombay. Tout à tour intérieur english, évocation d’Orient, train, éléphant ou ballon dirigeable il est un support idéal pour cette course contre la montre de Phileas et son serviteur Passepartout, poursuivis par leur ennemi, Fix.

Des acteurs investis.

Dans les deux rôles titres, Alain Leempoel et Othmane Moumen font merveille, formant un «couple idéal» en Phileas Fogg et Passepartout. Fogg, gentleman britannique caricatural, psychorigide du temps et de la précision horaire, est opposé à son serviteur, phénomène  de souplesse corporelle et d’inventivité mentale, qui surmonte tous les obstacles de cette folle équipée. Stéphane Fenocchi incarnant Fix, leur ennemi mortel -décidé à arrêter Fogg, soupçonné d’escroquerie auprès de la Banque d’Angleterre- a mis un peu de temps à s’imposer (à la première) tout comme Jasmina Douieb, la princesse Aouda, danseuse du ventre, amoureuse de Fogg le coincé. Après l’entracte, Stéphane et Yasmina  trouvent leurs marques tout comme les rôles secondaires très nombreux, joués parfois «à la bruxelloise», notamment par un Gérald Wauthia, qui en fait des tonnes dans certaines imitations exotiques mais est irrésistible en sumo déjanté : rires assurés.

Petit bémol: le texte?

Le texte de l’adaptation de Thierry Janssen nous a paru inégal : un peu complaisant dans la caricature de l’exotisme, dans la première partie (rôles secondaires surtout) nettement plus solide, drôle et élégant dans la deuxième partie, après l’entracte.

Quant à la mise en scène de Thierry Debroux, elle fait l’unanimité et dans le choix du sujet, par rapport à la conquête d’un public familial nouveau (de 7 à 77 ans) et dans sa direction d’acteurs (moyennant les quelques remarques sur les seconds rôles) et dans l’utilisation de ce «cadeau»: un beau décor qui favorise le rythme de l’action et sa mise en espace. De la bel ouvrage! Le Parc : une affaire à suivre .

Le Tour du Monde en 80 jours, de Thierry Janssen, d’après Jules Verne, au Théâtre du Parc jusqu’au 22 octobre.

Info : www.theatreduparc.be

Christian Jade (RTBF.be)