Le Théâtre National part en balade cet été à Spa, à Jumet, à Marchin, à Mons et à Jette

Le Théâtre National part en balade cet été à Spa, à Jumet, à Marchin, à Mons et à Jette
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Le Théâtre National part en balade cet été à Spa, à Jumet, à Marchin, à Mons et à Jette - © Benoit Henken

Cet été, le Théâtre National s'invite hors les murs. Il part en villégiature à Bruxelles et en Wallonie et s'installe, le temps d'une journée ou d'un weekend, dans un lieu culturel, dans une ferme ou dans un festival. Ce projet s'intitule Ouvertures . Et la première étape est à Spa, le 15 et le 16 août, au sein du Royal Festival de Théâtre de Spa.

Rencontre avec Fabrice Murgia, le directeur du Théâtre National

Ce festival du Théâtre national, Ouvertures,  dans le Festival du théâtre de Spa, c'est un peu un retour aux sources du National (NDLR : dans les années 1950, le Théâtre National organisait des Semaines de Fête) ?

Fabrice Murgia: Oui, c'est tout à fait un petit clin d’œil à notre histoire, à l'histoire du théâtre national et à notre histoire commune avec le festival de Spa. C'est-à-dire que dès l'après-guerre, il y a eu cette idée -qui n'est plus du tout d'actualité aujourd'hui- qu'il fallait amener la culture en province, ce truc très parisien comme ça. Depuis, il y a des centres dramatiques, il y a des centres culturels, tout est évidemment bien équitable culturellement j'ai envie de dire, mais, néanmoins, c'était assez fun de penser à cela avec Axel (NDLR : Axel de Booseré, le directeur du Festival de Spa). C'est plutôt un hasard j'avoue.

C'était important pour vous, après le confinement,  d'y retourner très vite, de ne pas attendre la rentrée officielle d'octobre, de retrouver le contact avec le public?

C'était absolument capital, d'abord parce que les artistes ont clairement été oubliés, voire méprisés durant cette phase de confinement, malgré qu'on a vécu avec nos livres, avec notre musique, avec nos spectacles en streaming. C'était assez violent pour le milieu artistique, mais aussi peut-être pour la société, de se dire que, tout à coup, il n'y avait plus de place au rêve, c'était les personnes à qui on allait penser en dernier. Là, par contre, on s'est dit, si on n'a pas pu jouer un rôle dans ce confinement, on veut en jouer un dans ce déconfinement, et on veut participer à cette résilience dont la société a besoin.

Comment avez-vous conçu ce petit festival en cinq lieux, comment s'est-il imaginé?

L'idée, c'est de ne pas marcher sur les plates bandes des centres dramatiques, des centres culturels, qui ont tous eu aussi cette envie de travailler sur un retour aux spectacles, à la vie, à l'ici et maintenant et aux vivants en quelque sorte. On a vraiment voulu plutôt s'associer à certains endroits qui ne sont pas non plus des opérateurs culturels. On va à Jumet par exemple, dans une coopérative agricole qui se lance, parce que c'est un projet social, une alternative. On s'adresse vraiment toujours à un public local. L'idée n'est pas d'avoir nos 200 spectateurs habituels qui se baladent dans toute la Wallonie. L'idée, c'est d'aller rencontrer un autre public. Il y a des endroits qui sont des musées alternatifs, très peu ou pas du tout subventionnés, mais ce sont des gens qui portent un projet, comme à Jette, à l'atelier 34zero muzeum. Il y a aussi Marchin qui est un pôle des arts du cirque, qui est préexistant, qui a une activité foisonnante toute l'année, mais qui est unique en fédération Wallonie-Bruxelles. Donc là aussi, on est dans l'alternative.

Il y a beaucoup de disciplines (musique, théâtre, danse, etc ), mais en petit format...

D'abord, on a décidé de se réapproprier une forme qu'on fait pendant l'année dans les festivals XS, c'est-à-dire la question de la forme courte, des spectacles qui durent de 5 à 25 minutes, où les artistes sont dans cette obligation qu'on connait au cinéma dans le cas du court métrage par exemple, où on peut raconter des choses différentes que dans le long, avec un impact autre. Et là, on est vraiment sur une programmation transdisciplinaire avec des gens d'horizons différents. Et, ce qui est pas mal, c'est que ça permet de voir plusieurs styles, de découvrir plusieurs artistes, plusieurs contenus, plusieurs propos parce que, du coup, on peut en voir cinq ou six sur l'après-midi.

Ces formes courtes, c'est aussi pour s'adapter, notamment,  aux plus jeunes qui passent rapidement d'une chose à l'autre, qui papillonnent davantage ? 

C'est sûr que la forme courte, c'est aussi un terrain d'expérimentation parce qu'on peut tester des choses qu'on essayera après dans un long. Mais parfois aussi, on a quelque chose à dire, comme artiste, qu'on veut dire en 25 minutes, et pas en une heure trente.

 

Ouvertures : les 15 et 16 août, dans le cadre du Festival de Théâtre de Spa; le 22 et 23 août, au Moulin Saint-Denis à Mons; du 28 au 30 août à Marchin, à Latitude 50; les 5 et 6 septembre à l'atelier 34zero Muzeum de Jette; les 12 et 13 septembre à l'asbl Jumet.bio, à Jumet. 

Retrouvez toutes les infos sur le site du Royal Festival de Spa et sur Ouvertures.