Le Grand Tour jour 7 : Faut-il être "bien né" pour être cultivé ?

Le Grand Tour jour 7
Le Grand Tour jour 7 - © Olivier Donnet

Après une journée de pause, Le Grand Tour reprenait ce dimanche sur le thème de la justice sociale. "Faut-il être bien né pour être cultivé ?", telle était la question posée aux marcheurs au départ de Marchin pour Andenne.

Dès les premiers kilomètres, les marcheurs s’accordent sur le constat de l’injustice sociale éloignant chaque jour les classes populaires de la culture. Lorette Moreau, jeune artiste explorant les nouvelles formes de relation entre le public et le comédien, partageait au groupe des lectures arguant dans ce sens. "La place" d’Annie Ernaux, ou encore "Retour à Reims" de Didier Eribon démontrent en quoi les classes populaires ne pourront jamais participer au partage de la culture avec les classes supérieures. Le Grand Tour s’est demandé comment pallier ce problème sur le long terme. La seule option de la gratuité de la culture n’a pas convaincu les marcheurs comme levier à une augmentation de la curiosité et de la diversité.

La clé d’un renouveau du vivre-ensemble dans le secteur culturel résiderait alors dans la valorisation du public. S’il existe des aides pour les personnes en situation économique compliquée, comme l’article 27 qui permet à celles et ceux dans le besoin d’acheter un accès à un événement culturel pour 1,25 euro, l’inclusion de ces personnes doit être plus profonde. Les marcheurs considèrent qu’il s’agit aussi du rôle des institutions culturelles de considérer et de garantir un espace d’inclusion pour ce public précarisé. Les solutions sont trop complexes que pour être trouvées sur Le Grand Tour, mais elles sont infinies. Dans la descente du Vieux Charbonnage vers Andenne, là où jadis les mines de charbon étaient installées, les marcheurs concluent que le retour des classes populaires dans les institutions culturelles ne se fera que si ces dernières font le chemin contraire.

Cette rencontre ne sera possible que si les opérateurs culturels, considérés comme appartenant aux classes aisées, résistent à l’automatisme, même involontaire, d’asseoir leur culture et d’effacer celle plus populaire, pourtant tout aussi riche et légitime. Cette rencontre nécessitera une rencontre du secteur culturel et social sans relation hiérarchique entre ceux-ci. Une relation qui ne devrait pas être trop compliquée à mettre en place tant le statut d’artiste, et la rémunération de ceux-ci, tend à maintenir la profession dans la même situation précaire que ceux qui ne peuvent assister à leurs performances.

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