Le Grand Tour jour 4 : La culture peut-elle être violente ?

Le Grand Tour jour 4
Le Grand Tour jour 4 - © Olivier Donnet

Le Grand Tour, jour 4. Deux dizaines de kilomètres pour relier Grupont à Marche. Comme chaque matin, une question : "La culture peut-elle être violente ?". Rapidement, les marcheurs cherchent une nouvelle définition que celle de la violence physique. Parce que oui : la culture, en tant que miroir sur le monde, peut et doit être représentative de celui-ci, elle n’échappe donc pas à ses côtés les plus sombres.

Alors, de quelle violence était-il question au long de cette étape ? Pour la première fois depuis le début du Grand Tour, les marcheurs ont décidé de mettre la culture "à charge". La culture est violente, violente pour les minorités. Ou du moins la culture dominante, celle des grandes audiences de télévision, de radio, et des autres médias en ligne. Les marcheurs cherchent encore la présence des personnes racisées, les classes ouvrières, les femmes, les personnes à mobilité réduite, toutes et tous les autres dans la culture. De la scène aux administrations en passant par la régie, la diversité doit s’inviter dans la culture. Pourquoi ? Parce que la culture est un bien commun, financé par l’argent des Belges, dont des personnes racisées, des ouvriers et ouvrières, des femmes, et de non-valides, et tant d’autres oubliés. À elles et eux aussi, la culture leur appartient.

Certains jugeront les marcheurs sévères, voire médisants et pessimistes. Les mêmes diront que la culture a fait des efforts, que des chartes et des circulaires ont ramené la diversité en son antre. C’est vrai. Mais institutionnaliser cette diversité sans voir plus loin n’est-il pas la preuve d’une violente suffisance ? Quelle solution, alors, si elle ne réside pas dans cette institutionnalisation ? Les marcheurs, eux, espèrent retrouver dans les institutions culturelles des conditions de prise en compte de la diversité. Des espaces libres, où chacune et chacun pourra venir exister, créer et partager.

Si la culture est parfois violente, les marcheurs gardent en tête qu’elle est également souvent diversifiée, et qu’elle ne pourra que faire grandir cette intention à l’avenir.