Le Grand Tour jour 11 : La culture pour sauver le monde ?

Quais de Charleroi, la fine pluie d’un jeudi matin offre une lueur particulière aux débris métalliques qui jonchent le sol. Dans un long fracas, une mâchoire vient y ajouter un nouveau dépôt venu de la péniche amarrée. Au milieu de ce décor chaotique, une silhouette féminine se meut en rythme apportant un brin de douceur à la scène. Une marcheuse danseuse offre un numéro surprise au Grand Tour pour lancer l’avant-dernier jour de marche. Cette touche poétique dans un décor apocalyptique introduit la question du jour : "La culture peut-elle sauver le monde ?"

Il était question de chocs, ce jeudi, sur Le Grand Tour. Chocs climatiques, chocs sanitaires, chocs économiques, comment notre société absorbera ces défis qu’elle ne pourra ignorer ? Quel sera le rôle de la culture dans l’absorption de ces chocs ? Est-il préférable de les absorber ou d’y faire face afin de repartir sur de nouvelles bases ?

Que ces chocs soient absorbés ou non, la culture qui les traversera devra impérativement, selon les marcheurs, s’ouvrir encore un peu plus. Il lui faudra être à l’écoute au monde qui l’entoure, prendre en compte la diversité qui s’imposera à lui. S’il est présomptueux de penser que la culture est la bouée de sauvetage du monde, les sorties de crises ne se feront pas sans elle. La culture sera partout, dans l’espace public notamment, et les artistes revendiqueront l’importance de leur statut.

Un choc violent implique toujours une période de sidération de la population. Certaines périodes de crise passées ont vu le pouvoir profiter de cette période de sidération pour faire passer certaines mesures impopulaires, voire trop sulfureuses habituellement, selon les marcheurs du jour. C’est là que la culture intervient, comme lanceur d’alerte, afin d’éveiller les consciences et de réveiller l’intelligence collective.

La nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombrait dans les eaux glacées de l’Atlantique. À son bord, un orchestre jouera jusqu’à ce que ça ne soit plus possible. La culture sera là, dans d’autres crises encore, et si elle ne sauvera pas le monde, elle se devra d’avoir le mérite de le comprendre, de le questionner et de le réinventer.