Le Grand Tour : Culture, à quoi sers-tu ?

La culture, ça permet de déranger. C’est pourquoi c’est important d’oser. Artistes et institutions doivent oser se rassembler et contester. C’est un acte politique, et c’est pour ça qu’on est là, qu’on fait cette marche !

Dominique est une marcheuse. Elle conclut par ces mots le lancement du Grand Tour avec l’ensemble d’une éclectique assemblée. Le Grand Tour, c’est une initiative culturelle lancée par Latitude 50, Mars (Mons arts de la scène) et le Festival de Chassepierre. Treize jours, treize groupes de marcheurs et 200 kilomètres pour relier Chassepierre à Mons en passant par Marchin. Le but ? Refaire le monde de la culture chaque jour sous un nouvel angle, sous une nouvelle question, sans avoir la prétention de n’y apporter que des réponses justes et exhaustives.

plus d'infos sur le site du Grand Tour

Dominique, elle, ne travaille pas dans le secteur culturel. Comme beaucoup des trente marcheurs réunis ce 23 août, d’ailleurs. Pour son premier jour de randonnée, le peloton s’est demandé : "La culture, ça sert à quoi ?".  En effet, les organisateurs du Grand Tour sont partis d’un constat qui fait grincer des dents : si le secteur culturel représente cinq pourcents du PIB belge (plus que l’automobile ou le bâtiment), les pouvoirs politiques ne semblent pas vouloir l’aider à traverser la crise engendrée par le Covid-19.

Alors, "Culture, à quoi sers-tu ?" La culture artistique, ce phénomène propre à l’humain, est vue par les participants comme un outil d’expression permettant l’épanouissement et l’émancipation des individus, le soin de soi et des autres. L’artiste, son interprétation du monde qui l’entoure, est lui un canal qui va faire le lien entre le public et ce besoin de culture. Un besoin de culture réel, qui ne peut être négligé. Si le public a un besoin de culture, il a aussi besoin de se rassembler, d’échanger, après les semaines d’isolation qu’il a connues. Un rassemblement que le secteur culturel, comprenant le public, les artistes et les institutions, réclame afin de pouvoir envisager " le monde d’après " (un peu plus) sereinement.