Le facétieux "Scena madre*" de la chorégraphe italienne Ambra Senatore

Le facétieux "Scena madre*" de la chorégraphe Italienne Ambra Senatore
Le facétieux "Scena madre*" de la chorégraphe Italienne Ambra Senatore - © Christophe Raynaud de Lage

Brouiller les pistes entre théâtre et danse, mais surtout les ouvrir à l'infini : c'est le défi de "Scena madre*", dernière création de la chorégraphe et performeuse italienne Ambra Senatore, présentée jusqu'au 13 juillet au Festival d'Avignon.

Un spectacle dont la facétie et la légèreté débutent dès le titre, avec ce mystérieuse astérisque qui lui est accolée. Il "représente de multiples sous-titres possibles", comme autant de pistes de lecture et d'interprétation, a expliqué Ambra Senatore lors d'une conférence de presse samedi.

D'où le choix d'un plateau nu, sol blanc entouré de longs rideaux noirs traversé par des protagonistes qui ne font que passer, parfois s'arrêtent un moment, échangent bientôt des paroles. Un espace résolument ouvert mais qui réserve aussi des surprises.

A l'origine, "j'avais envie d'une petite scène dite d'action de deux personnes qui peut se développer et avoir des avants et des après très différents", précise la chorégraphe, qui dirige depuis janvier 2016 le Centre chorégraphique national de Nantes.

"Scena madre" est une expression courante en italien pour désigner la scène principale d'un film, celle où l'intrigue se fait jour, et que l'on pourrait traduire par "scène mère".

Cette matrice originelle, qui ne cessera d'être répétée mais en subissant de multiples inflexions, comme autant de prises de caméra différentes, "c'est une rencontre entre deux êtres humains ou plutôt le souvenir de cette rencontre", souligne la chorégraphe, présente sur scène avec six autres danseurs.

Il faut dire que pour la première fois, la référence à l'univers cinématographique est ouvertement assumée par Ambra Senatore.

Le septième art affleure dans des sons furtifs évoquant différents genres, du western au film policier en passant par l'épouvante et la romance, mais aussi via les saynètes convenues, fragments de vie quotidienne dramatisés, qui sont parodiées sur scène.

L'humour est en effet une autre dimension essentielle de la pièce, une caractéristique qu'Ambra Senatore explore depuis la création de son premier solo en 2004. 

Le rire permet d'"amener une certaine distance", "dire quelque chose de tragique mais l'observer de loin", selon elle. Il participe aussi de ce joyeux mouvement sans cesse renouvelé de "Scena madre*", dans lequel rien ne paraît définitivement figé.