Le chorégraphe belge Frédéric Flamand quitte le Ballet national de Marseille

Frédéric Flamand quitte le Ballet national de Marseille
Frédéric Flamand quitte le Ballet national de Marseille - © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK - IMAGEGLOBE

Soucieux de "ne pas s'accrocher", le chorégraphe belge Frédéric Flamand quittera à la fin de l'année la tête du Ballet national de Marseille, heureux de laisser pour la première fois un répertoire à ce Ballet, dont l'histoire ne fut pas sans heurts. A 67 ans, M. Flamand, qui se voit d'abord comme "un Européen", sera "artiste associé" pour la Capitale européenne de la culture 2015, organisée à Mons.

Le chorégraphe a annoncé qu'il quitterait le Ballet national de Marseille fin décembre. "Il ne faut pas s'accrocher éternellement", a-t-il souligné. "Et il y a une règle: un directeur (de centre national, ndlr) ne peut être renouvelé plus de deux fois. C'est aussi pour favoriser un renouvellement, une ouverture, ce que je peux comprendre. Je savais qu'il y aurait trois mandats (possibles) et qu'il en allait ainsi."

Lorsque Frédéric Flamand est arrivé de Charleroi, fin 2004, le Ballet sortait d'une crise grave, marquée par un conflit entre le personnel et la directrice Marie-Claude Pietragalla et finalement soldée par le licenciement de celle-ci. Le Ballet n'avait pas non plus de répertoire puisque Roland Petit qui en 1972, fonda la compagnie, partit en 1998 avec ses créations, faute d'avoir pu choisir son successeur.

"Il a fallu, comme un maçon, tout reconstruire. Aujourd'hui, c'est une compagnie magnifique, qui voyage dans le monde entier (environ 60 dates par saison, dont deux tiers hors de Marseille), ouverte sur l'Europe et la diversité", juge M. Flamand.

"Il fallait changer l'image du Ballet, le faire entrer dans le XXIe siècle, non pas rejeter l'héritage classique mais le faire dialoguer avec des énergies contemporaines". Dix-huit danseurs (sur 30) ont aussi été recrutés en neuf ans.

"J'ai essayé de faire que le ballet descende de son piédestal", poursuit-il, alors que le BNM affiche un "taux de remplissage" moyen de 80% pour ses spectacles, et intervient chaque année auprès de 500 élèves des quartiers populaires.

A l'heure du bilan, Frédéric Flamand n'avance qu'un regret: ne pas avoir travaillé avec Rudy Riciotti, le concepteur du MuCEM, spectaculaire musée inauguré en juin.


Belga