'Laïka', la clocharde de l'espace ou le Christ (à nouveau) ressuscité. Murgia superstar. ****

David Murgia dans 'Laïka' d'Ascanio Celestini.
David Murgia dans 'Laïka' d'Ascanio Celestini. - © Dominique Houcmant

Mi-Christ, mi-clochard, mi-migrant, sorti du bar à péquet pour témoigner de la misère du monde, voici David Murgia, récitant au débit vertigineux, en dialogue ironique avec Dieu, sous l’œil d’un St Pierre accordéoniste. L’image de cet acteur inouï force le respect et rappelle son autre performance dans " Discours à la Nation ". Chaque fois la force vient et de l’acteur et du texte d’Ascanio Celestini jouissif, rythmé, bavard, confus et génial. Un torrent irrésistible. Celestini  c’est  à la fois l’héritier de Dario Fo pour la critique sociale et l’humour féroce et le continuateur de lui-même (" Fabrica ", " Discours à la Nation "), une force narrative incroyable qui fait défiler de multiples personnages de paumés. Sur un décor minimaliste de caisses d’un dépôt de supermarché l’acteur/narrateur christique fait se succéder et se mêler un clochard/mendiant/migrant, des manutentionnaires, une prostituée, une vieille et une femme qui a un peu perdu la tête et des buveurs de péquet. Pour le ciel, ça va de Laïka, la chienne zinneke/bâtarde de l’espace au big bang de Stephan Hawking. Le Christ ressuscité critique et la gestion divine du ciel et de gestion humaine de la terre par les riches indifférents aux laissés pour compte. Mais avec une légèreté de touche et un verbe rythmé que Murgia en pleine firme nous offre en partage. Bien sûr on est parfois largué par ce torrent mais l’articulation d’une rare précision de Murgia nous rattrape en plein vol ! Une performance incontournable. A voir :  

Laïka, d’Ascanio Celestini :

-au Théâtre National jusqu’au 11 février.

-retour au Festival de Liège où il a été créé les 17/18 février.

- du 21 au 23 à l’Ancre à Charleroi.

Christian Jade(RTBF.be)