La Peau de l'ombre : performance épidermique

La Peau de l'ombre : performance épidermique
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La Peau de l'ombre : performance épidermique - © Andrea Messana

Le Théâtre Marni accueillait mardi soir la première de La Peau de l'ombre, une création de Karine Ponties tout en contradiction : et si l'autre devenait soi ? Du rejet vient-il l'addiction ?

 

Une ampoule légère et rouge fait le tour de la scène, elle éclaire et découvre petit à petit la lutte d'une femme entremêlée dans une chaise métallique grinçante et usée. Comme un cloporte à la carapace d'acier, le monstre hybride se tord, se tourne et tombe plusieurs fois sur le dos. Quand elle trouve le moyen de se défaire de l'emprise de l'objet, la femme s'y mêle à nouveau, jusqu'à y rencontrer l'autre. L'autre, c'est une femme sombre et mystique, personnage intriguant. Ses intentions sont troubles et s'entame alors un combat de posture, les deux corps sont indissociés et indissociables, prenant appui l'un sur l'autre et se repoussant mutuellement. La scène prend des allures d'arène pour un affrontement entomologique. A moins que ce ne soit qu'une parade donnant à voir la bête à deux dos. L'autre qui est une sorte de parasite devient bientôt indispensable, comme la chaise le fut auparavant.

 

 

Cette création de Karine Ponties est une performance à cheval entre danse, théâtre du mouvement et lutte. Anne-Charlotte Couillaud et Shantala Pèpe incarnent les deux corps, se rejetant et se cherchant. Chacune dans un registre à la fois chasseur et chassé, se meuvent joliment, occupant l'espace délimité par les cercles de l'ampoule tournoyante. Une jolie performance à aller voir du 6 au 8 juin au Théâtre Marni, tous les soirs à 20h dans le cadre du D Festival.

 

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