La Biennale 2011 de Charleroi/Danses et l'art de la transmission

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En 2009, Merce Cunningham et Pina Bausch faisaient leur sortie de scène, quelques semaines avant la précédente Biennale où ils étaient à l’affiche, plaçant de facto l’événement sous le sceau de la commémoration. Deux ans après leur disparition, c’est tout naturellement que la question de la transmission et de l’historicité se retrouve au cœur de la programmation de cette édition.

Car ce qui fait de la danse cet art de l’éphémère, c’est sa difficulté à être codifiée, et partant, transmise. Certes, des systèmes de notation comme ceux de Laban et de Benesh peuvent aider à la pérennisation du répertoire, mais l’héritage de la danse ne peut se résumer à sa seule retranscription. Qu’en est-il de l’émotion, de l’interprétation, du dialogue subtil qui s’établit entre le chorégraphe et son danseur ? Et que dire de toutes les histoires qui composent l’Histoire de la danse ?

Que ce soit au travers d’une relecture, d’une réappropriation, d’un récit biographique, de témoignages filmiques ou encore d’expositions rétrospectives ou de moments de rencontre, plusieurs chorégraphes et artistes apporteront un début de réponse à cette question.

Et si cette Biennale porte son regard vers les sources, elle n’en est pas moins résolument ancrée dans le présent, en accueillant des grands noms tels que Maguy Marin dont Salves la dernière création fut unanimement saluée par la critique. En faisant également la part belle à nos résidents, aux chorégraphes de notre Communauté ainsi qu’aux habitants de Charleroi avec le projet participatif Made in Charleroi, mené par Joanne Leighton.

Tournée vers le futur aussi. Charleroi/Danses s’associe cette année au festival europalia.brasil, pour faire voler en éclats les idées reçues sur ce pays-continent en proposant de nouveaux langages : ceux que pratiquent et développent Marcelo Evelin, Lia Rodrigues et Michel Groisman.

Enfin, la Biennale se fait encore et toujours chambre d’écho de la porosité grandissante entre danse et autres disciplines : Kiss & Cry, petit bijou de poésie qui ouvrira les festivités, témoigne avec une fraîcheur inouïe de l’infinité des possibles quand il s’agit de création.

Vincent Thirion

Intendant général et directeur artistique

La Biennale 2011 de Charleroi/Danses du 9 au 27/11/11 :

Toutes les infos sur la Biennale Charleroi/Danses 2011 sur leur site