Bruxelles /Bagdad.Dialogue ouvert aux Halles.F.Verstraeten

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Cette semaine,  deux événements à ne pas manquer, aux Halles de Schaerbeek. Irakese Geesten de Mokhallad Rasem et Les Sentinelles de Nacera Belaza(dans le cadre du Festival flamand Moussem visible lui à Bruxelles, Anvers et Malines). La suite d’une saison résolument arabe voulue par Fabienne Verstraeten.(interview).





Dans le cadre d’une quinzaine, De Bagdad à Bruxelles, découverte, ce mercredi 1er décembre de Irakese Geesten où un artiste irakien, Mokhallad Rasem, exilé en Belgique, se penche sur son pays et ses guerres. Et la chorégraphe Nacera Belaza présentera, le 3, Les Sentinelles, danse abstraite sur le temps et l’attente.

Ou encore, ce même vendredi 3, On the importance of beeing an Arab, une performance de l’Egyptien Ahmed El Attar qui s’ancre dans les événements de sa propre vie.

Samedi 4, une performance du rappeur du groupe CNN, Rival, Hoba hoa spirit, un groupe bien connu du public bruxellois et emblématique de la culture hip-hop en Belgique.

Le festival se poursuit jusqu’au 10 décembre avec notamment  Forget Baghdad, un documentaire primé du réalisateur Samir, qui interroge quatre personnages juifs et arabes, issus d’Irak, vivant aujourd’hui en exil.

En partenariat avec les éditions Actes Sud, dans un cycle intitulé Mondes arabes on peut  découvrir, chaque mois, un auteur et un livre. Le 9 décembre, l’Irakien Samuel Shimon, nourri de cinéma américain, parlera de son expérience parisienne, mais aussi de son enfance « chrétienne » à BagdaPlus connus, le Libanais Elias Khoury et le Syrien Salim Barakat sont de la partie, au printemps, dans le cadre de ce même cycle.

Fabienne Verstraeten, une vision du monde.






Les Halles de Schaerbeek, une saison résolument « arabe » et moderne avec des  performeurs, chorégraphes, écrivains, vidéastes et musiciens. Une logique déjà  entamée avec Masarat Palestine, en 2008-2009.

A contre courant de l’actualité médiatique, « en rupture avec l’omniprésence dans les médias du voile, du niqab et de la burqa » affirme Fabienne Verstraeten, directrice des Halles, on découvrira des artistes arabes,  de Belgique, du Liban, de Syrie, de Palestine, d’Irak, du Maroc, de France. Un programme déjà commencé en septembre avec le festival « Latitudes », coproduit  par  Lille et Bruxelles (la suite de  la saison en encadré).

Fabienne Verstraeten est un personnage atypique parmi les programmateurs bruxellois et wallons, la seule à intégrer une réflexion  politique internationale, centrée sur le monde arabe. Tout a commencé en 2007-2008 avec Masarat Palestine, pour faire connaître  les rapports entre art et politique dans les territoires occupés. « Il est difficile, dit-elle, d’intéresser un public à des œuvres inconnues, d’aspect « pointu ». Et cela vaut  pour toute ma programmation, pas seulement pour « Masarat Palestine ». Mais dans ce cas, il faut lutter sur plusieurs fronts. La Coordination des  organisations juives de Belgique a protesté  sur le contenu mais les  militants palestiniens considéraient comme « futiles »les œuvres modernes programmées, qui ne parlaient pas directement de la lutte contre Israël ou n’avaient pas une enveloppe folklorique traditionnelle. Or pour moi la qualité artistique du travail est prioritaire. Ainsi, cette  saison, dans mon programme littéraire avec Actes Sud, si je fais venir un écrivain égyptien peu connu chez nous (Sonallah Ibrahim), c’est parce, sa valeur d’écrivain est aussi importante que ce qu’il raconte dans son autofiction « Le petit voyeur ».

Ce qui frappe Fabienne Verstraeten quand elle se rend au Liban, c’est l’incroyable connaissance que les intellectuels de Beyrouth ont de la littérature française contemporaine alors que nous ne nous ne nous intéressons pas à leurs auteurs  Elle y voit  « un résidu de la culture coloniale, basée sur un sentiment de supériorité intellectuelle pour tout ce qui n’est pas  « occidental ».

Pour l’ensemble de sa programmation, elle travaille en  bonne collaboration avec des lieux comme le Monty, à Anvers  et des  festivals, flamand (Moussem en novembre), ou bi-communautaire comme le Kunstenfestival des Arts en mai.

Enfin elle envisage  dans les toutes prochaines saisons un festival L