Bernard-Henri Lévy crée symboliquement sa pièce "Hotel Europe" à Sarajevo

La pièce, un monologue interprété par Jacques Weber, se déroule dans un hôtel à Sarajevo. "C'est le jour de la commémoration du centenaire de la guerre de 1914 et à cette occasion, un homme prépare un discours sur l'Europe aujourd'hui, sur sa crise et sur son avenir", raconte l'écrivain. Si Bernard-Henri Lévy a choisi le Théâtre National, c'est qu'il s'agit "d'un haut lieu de la résistance de la Bosnie, quand on y prenait la parole, c'était un acte de défi aux terroristes et aux assassins", dit-il. Ecrivain engagé, auteur d'un film tourné dans Sarajevo assiégée, "Bosna!", projeté au Festival de Cannes en 1994, "BHL" défend aujourd'hui l'entrée de la Bosnie dans l'Europe. Il lancera le 28 juin, au lendemain de la première de sa pièce, une pétition en 28 langues sur un site dédié, avec d'autres intellectuels. Il a choisi pour "Hôtel Europe", sa deuxième pièce en 20 ans (après "Le Jugement dernier"), un metteur en scène bosniaque, Dino Mustafic, réalisateur et metteur en scène de théâtre rencontré il y a 20 ans en pleine guerre alors que Mustafic était jeune cameraman aux armées. Le choix du théâtre pour parler de l'Europe s'explique parce que "le théâtre est, de tous les genres littéraires, celui qui permet l'intervention la plus directe sur les choses, le genre le plus politique", dit-il. "C'est une pièce qui est pessimiste parce qu'évidemment, le personnage est accablé par cette montée de souverainisme, de populisme qui tourne le dos à l'idéal européen et qui selon moi, précipite les peuples d'Europe dans la misère et dans le chaos si cela allait à son terme, et c'est en même temps un texte qui indique une voie et une espérance possible, c'est le coup de théâtre de la fin de la pièce" ajoute-t-il. Après Sarajevo, "Hôtel Europe" sera donné à la Fenice de Venise le 11 juillet, et dans le courant de l'été à Kiev.


Belga