Avignon off: mes petits et grands coups de coeur préalables. (à suivre)

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En "off " peu de créations et beaucoup de reprises de la saison  écoulée voire antérieure. Parmi les spectacles belges voici quelques impressions de longueur variable empruntées à mes (souvent brèves) chroniques " radio" (RTBF La Première) La référence du lieu est celle d'Avignon 2010!

Kefar Nahum , de la compagnie Mossoux Bonté : la danseuse prestidigitatrice

On y voit une Nicole Mossoux, d’habitude danseuse, qui s’exerce à l’art de la prestidigitation : avec ses mains et des parties de son corps elle fait surgir, à la vitesse de l’éclair, une série de personnages ou d’objets, qui créent devant nous un monde imaginaire, fantastique, inquiétant…et drôle. On va de surprise en surprise en 50 minutes de show soutenu par la musique live d’une rare précision rythmique de Thomas Turine. Hilarant et inquiétant à la fois.

A voir au Doms, à 20hdu 7 au 27 juillet

Avec Le Carré des cosaques, on reste dans les pays de l’Est via un monologue époustouflant de François Houart, écrit et joué par lui, mis en scène par Brigitte Bailleux. Ses parents tenaient un home de réfugiés politiques venus de l’Europe de l’Est. Il  fait revivre leur misère, leurs contradictions, leurs douleurs, avec passion et humour.
Ce beau monologue, dans une remarquable scénographie de Jean Vangeebergen se donne au

Théâtre des Doms du7 au 27 juillet




Monologues voilés ou les ruses de la femme musulmane

Tout le monde a vu ou entendu parler des "Monologues du vagin", un succès mondial, créé en Belgique au théâtre de Poche et repris en début de saison au Théâtre de la Toison d'Or. On craignait que ces "Monologues voilés", appliquant le même procédé à la femme musulmane n'en soit une copie conforme. Et bien pas du tout: la Hollandaise Adelheid Roosen, à partir d'une enquête quasi journalistique, chez les musulmanes hollandaises, restitue, en une douzaine de monologues toute la complexité d'une situation ambiguë. Elle fait cadeau à quatre jeunes actrices  belges d'origine musulmane de portraits savoureux, parfois douloureux, souvent humoristiques, d'une drôlerie irrésistible. On parle sans tabou du vagin et des rites particuliers, parfois cruels, souvent jouissifs auquel il est soumis dans la tradition musulmane, pour qui le plaisir est un bonheur et pas une honte. Tous les tabous y passent, de la virginité prénuptiale à l'homosexualité féminine, des rapports critiques entre mères et filles aux relations des jeunes musulmanes avec des Hollandais non-musulmans, gentiment caricaturés. La danse du ventre est présente mais sans excès. On sort de là joyeux, avec une seule question: ce portrait sympathique, plutôt tendre, peut-il être vu sereinement par  la communauté musulmane belge?

Monologues  voilés, au Festival d’Avignon (off) du 8 au 31 juillet à la chapelle du Verbe incarné . Info : www.verbeincarné.fr