Avignon (Les Doms) : Langues paternelles : un père en miettes

Ce spectacle est une "découverte" de la saison 2009/2010, vu au Centre Culturel Jacques Franck. Entretemps il figure parmi les trois meilleures découvertes des Prix de la Critique théâtre/danse/. Voici ma critique lors de la première.

Une  bonne surprise:un jeunemetteur en scène peu connu, Antoine Laubin , fait mouche dès sa première  tentative: Les Langues paternelles, d’après un roman très autobiographique de David Serge, alias Daniel Schneiderman, ancien journaliste au Monde puis à Libération et spécialiste des médias. Peu importe.De ce roman aux rayons multiples Antoine Laubin parvient à extraire l’essentiel, consacré aux relations entre trois générations de pères et d’enfants. Encore fallait-il en faire un spectacle théâtral, où la circulation de la parole entre tant de générations se fasse de manière fluide et claire. A partir d’un père mort, à la fois admiré et détesté on remonte le temps, mêlant les fils à partir d’un lieu, le futuroscope de Poitiers, étendu par moments à un judéoscope parodique. Comme le voyage est imaginaire les trois acteurs, qui jouent plusieurs rôles font fi de tout réalisme et utilisent le sol blanc comme un repère où laisser des traces d’écriture, qui éclairent et donnent sa dynamique et sa métaphore au récit. Un récit qui se décline comme une partition musicale, grâce à un trio d’acteurs accordés dans leur différences comme un trio d’instruments. Hervé Piron, Vincent Sornaga et Renaud Van Camp mêlent humour et fantaisie, rage et tendresse pour nous faire entrer dans leur toile d’araignée familiale, lourde de conflits, amortis par un jeu allegro ma non troppo.

Les langues paternelles de David Serge, mise en scène Antoine Laubin, du 7 au 27 juillet, à 11h, à Avignon, au théâtre Les Doms Info www.lesdoms.eu