Avignon acclame Anne Teresa De Keersmaeker et son art subtil du mouvement

A même la terre, sans autre lumière que celle du soleil déclinant: la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker parie sur la nudité du dispositif scénique pour mieux chanter les pouvoirs de la musique et du mouvement dans sa dernière création, offerte au 64e Festival d'Avignon.

Le spectacle, qui a été donné vendredi soir en création mondiale et a été très chaleureusement accueilli, s'intitule "En atendant" (avec un seul "t" car c'est du vieux français), nom d'une ballade de Filippo da Caserta, l'un des représentants de l'"ars subtilior".

Ce courant musical de la fin du XIVe siècle est emblématique de la cour des papes d'Avignon et ne jure pas avec les vieilles pierres médiévales du cloître des Célestins, où Anne Teresa De Keersmaeker déploie sa création. La Bruxelloise a choisi un horaire inhabituel pour un spectacle de plein air: 20h30 et non 22h00. Il y a une raison à cela: la pièce se jouant sans projecteurs, l'heure et demie qu'elle dure doit pouvoir s'écouler avant la survenue complète de la nuit. De même, il n'y a pas de plancher de danse sur le sol: les interprètes n'ont que la terre du cloître sous les pieds.

L'idée de ce dispositif pauvre est lumineuse, dans la mesure où elle permet d'entrer en contact sans obstacle avec la musique et la danse, deux disciplines dont Anne Teresa De Keersmaeker célèbre l'heureux mariage depuis plus d'un quart de siècle.

Belga

crédit photo Christophe Raynaud de Lage - Pour voir le site du Festival d'Avignon