Avignon 2011, triomphe flamand en Cour d'Honneur.

Anne-Teresa De Keersmaecker, pour la danse, Guy Cassiers, pour le théâtre, deux Belges, "ambassadeurs" de l'art flamand, dans la Cour d'Honneur. Avec un artiste associé français, le chorégraphe Boris Charmatz, qui inaugure la fameuse Cour demain, jeudi 7. Voilà le versant le plus spectaculaire d'un festival qui place dans sa seconde Cour d'Honneur, la Carrière de Boulbon, 7 heures de Wajdi Mouawad, sur quelques héroïnes grecques de Sophocle.  Voilà pour les plus "surexposés" à la lumière des "grands lieux" d'Avignon. Ils sont connus et reconnus par la profession et les amateurs de spectacles forts et raffinés.Certains comme Anne-Teresa De Keersmaecker (en 1992), ou Wajdi Mouawad ( 2009) ont  déjà investi cette fameuse Cour ou d'autres lieux d'Avignon .Mais Anne-Teresa nous fera lever à l'aube (4h30) pour une chorégraphie,  Cesena rendant hommage au lieu, sur une musique médiévale. (voir ci-dessous, en interview,  l'éloge du directeur du festival, Vincent Baudriller). La Cour ou la fameuse carrière de Boulbon ( inaugurée, en 1985,  par le mythique Mahabarata de Peter Brook)  confirment une gloire souvent  acquise depuis belle lurette  mais  que ces lieux difficiles offrent à un public plus populaire...avec les risques du plein air. L'an dernier Christoph Marthaler avait eu de la peine à convaincre là où Romeo Castellucci, à l'esthétique  pointue,  avait triomphé dans un mémorable Enfer, d'après  Dante. On attendra donc avec intérêt la transposition, dans la Cour d'Honneur de Sang et Roses où l'Anversois Tom Lanoye  reprend un parallèle souvent esquissé entre Jeanne d'Arc et Gilles de Rais. La mise en scène de Guy Cassiers, vue à Anvers,en mai, dans son fameux Toneelhuis, nous semblait conçue plus en fonction de la Cour que d'un théâtre classique. A voir à partir du 22 juillet. Le retour de Patrice Chéreau, plus venu à Avignon depuis 1987, l'invitation renouvellée à Romeo Castellucci, à Arthur Nauzyciel ou à Angelica Liddell, à la gloire plus récente :  de "bonnes habitudes" à cultiver. Voilà des metteurs en scène qui ne laissent jamais indifférent. Mais "l'Evénement" sera, au niveau populaire, la longue prestation ( du 8 au 28) de Juliette Binoche, glorieuse actrice de cinéma, incarnant Mlle Julie, de Strindberg, dans une mise en scène de Frédéric Fisbach. Ou encore l'unique prestation de Jeanne Moreau et Etienne Daho, en Cour d'Honneur, dans Le Condamné à mort, déjà  passé au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en juin.  Au rayon de mes gourmandises personnelles, mes 3 "jamais vus" à  Avignon: la metteuse en scène britannique Katie Mitchell, qui travaille à la Schaubühne de Berlin et propose sa version de Mlle Julie, sous le nom de ...Kristin. Les Américains Kelly Cooper et Pavol Liska, dans une performance musicale basée sur la confession intégrale d'une femme...par téléphone. Une sorte de théâtre -réalité parodique..en 5h, dont 2 heures après minuit(Life and Times). Le Kaaitheater l'exporte à Bruxelles.  Enfin une incroyable anticipation du printemps arabe par deux Tunisiens, Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi, qui dans Amnesia, racontent la chute de Ben Ali...avec un an d'avance. Seulement trois jours et quasi sold out! Vu le contexte des révoltes arabes, voilà un spectacle qui aurait pu tenir, sans problème, quelques jours de plus! Christian Jade (RTBF.be) Sur ses choix, dont il revendique la radicalité, Vincent Baudriller s'est expliqué lors d'un passage à Bruxelles .Il commence par un vibrant hommage d'A-T De Keersmaecker, qui fait l'événement avec un spectacle en Cour d'Honneur, qui joue sur la lumière de l'aube, à 4h30 du matin!      11 06 28 AVIGNON 2011V_BAUDRILLER