Alexis Michalik change de registre pour sa quatrième pièce, "Intra Muros"

Alexis Michalik change de registre pour sa quatrième pièce "Intra Muros"
Alexis Michalik change de registre pour sa quatrième pièce "Intra Muros" - © ERIC FEFERBERG - AFP

Alexis Michalik, auteur de contes rocambolesques plongeant dans le passé, de Méliès à Edmond Rostand, a choisi le présent et le cadre ingrat d'une prison pour cadre de sa nouvelle pièce, "Intra Muros".

Un metteur en scène qui a connu des jours meilleurs donne des cours pour gagner sa vie. La pièce s'ouvre sur le premier atelier dans une Centrale où les détenus purgent de longues peines. "Braquage, viol, meurtre, infanticide... On pourrait leur faire jouer Sophocle", lance-t-il.

A sa déception, le théâtre ne fait guère recette en prison et seulement deux détenus se sont manifestés: Kevin, un jeune braqueur furieux contre le monde entier, et Ange, un vieux détenu muré dans son silence.

Le cours commence, cocasse, avec le metteur en scène complètement à côté de la plaque avec ses grandes diatribes sur le théâtre, son assistante, qui se trouve aussi être la femme qui l'a quitté, et la jeune assistante sociale, qui a des raisons très personnelles d'avoir monté l'atelier...

Les histoires s'emboîtent, comme toujours chez Alexis Michalik, comme des poupées russes, pour raconter le passé de chacun des protagonistes.

Le jeune metteur en scène de 34 ans, récompensé de plusieurs Molières pour ses précédentes pièces ("Le Porteur d'Histoire", "Le cercle des illusionnistes" et "Edmond", toutes les trois à l'affiche) s'aventure pour la première fois dans le monde contemporain avec succès.

Certes, la pièce n'a pas le charme des feuilletons à la Dumas de ses précédentes pièces mais le spectateur est embarqué avec la même efficacité dans les vies tumultueuses de Kevin et Ange que dans l'épopée du magicien Robert-Houdin et de Méliès.

Comme toujours, le décor est réduit au strict minimum : un lit de fer sur roulettes qu'on peut faire surgir pour figurer la cellule, quelques chaises pour le cours de théâtre. Des portants en fer permettent aux comédiens de changer de costume sur scène et d'incarner plusieurs personnages.

Tout est dans le rythme et le jeu des cinq comédiens: Jeanne Arenes (déjà récompensée d'un Molière pour "Le Cercle des illusionnistes"), Bernard Blancan, Alice de Lencquesaing, Paul Jeanson et Faycal Safi. Sans oublier le musicien Raphaël Charpentier, qui assure l'indispensable fond sonore de la pièce.