A Miami Beach, du théâtre en vitrine des magasins fermés par la pandémie

Le public est situé en extérieur, et les comédiens utilisent comme scène les vitrines de magasins fermés en raison de la crise économique résultant de la pandémie.
Le public est situé en extérieur, et les comédiens utilisent comme scène les vitrines de magasins fermés en raison de la crise économique résultant de la pandémie. - © Eva Marie UZCATEGUI / AFP

Quand la pandémie a touché la Floride, le metteur en scène Michel Hausmann a souhaité créer une manière sûre et efficace de jouer. Lui et sa compagnie ont transformé une partie de Miami Beach en scène de théâtre.

La pièce, 7 Deadly Sins (7 péchés capitaux) se joue en sept actes de 10 minutes. Le public est en extérieur, par groupe de 12, et les vitrines de magasins fermés en raison de la crise économique servent de scène. Le climat doux permet de s’asseoir dans la rue et de suivre avec des écouteurs.

Chaque acte raconte une histoire différente : la statue d’un esclavagiste prend vie, un enseignant afro-américain est accusé d’appropriation culturelle, un couple est piégé par le virus, un ancien président cherche à reprendre le pouvoir, une femme livre un monologue sur la pandémie…

Au fil de la progression de l’épidémie à Miami, Lincoln Road est devenue de plus en plus sinistre tandis que les magasins fermaient un à un. Sur les 250 que comptait la rue, une soixantaine a disparu.

Ça m’a brisé le cœur

Confie Hausmann, pour qui Lincoln Road est la "version tropicale des Champs-Elysées".

Sept dramaturges se sont attelés à l’écriture des actes, pour un ou deux acteurs à chaque fois.

Il a fallu faire face à des défis sans précédent en matière de sons et lumières, sans compter les protocoles sanitaires : répétitions par visioconférence, tests de dépistage hebdomadaire, et aucun contact avant d’entrer sur scène. Ceux qui jouent ensemble dans la pièce vivent ensemble.

Petit à petit, grâce au théâtre et à d’autres expériences artistiques, Lincoln Road a vu les gens revenir en décembre, et l’artère piétonne a retrouvé un peu de sa vie d’antan.